Ouré-Kaba, 16 avril (Infosbruts.com) – À l’école de Gninagbé, dans la localité d’Ouré-Kaba, l’éducation se conjugue avec résilience. Ici, enseignants et élèves partagent un quotidien marqué par des difficultés persistantes, où les conditions d’apprentissage restent largement en deçà des standards attendus.

Avec un effectif d’environ 150 élèves répartis en cinq groupes pédagogiques, l’établissement fait face à un paradoxe frappant : malgré la disponibilité de matériel didactique, les infrastructures de base font cruellement défaut. Le manque d’eau potable constitue l’une des principales préoccupations. Une réalité qui pèse aussi bien sur les conditions d’hygiène que sur le bien-être des apprenants.
« Les enfants n’ont pas d’eau à l’école. C’est une difficulté majeure », confie Abdoulaye Diakité, un parent d’élève, décrivant un environnement où les besoins les plus élémentaires ne sont pas garantis.

Abdoulaye Diakité, parent d’élèves
À cette situation s’ajoute un déficit d’enseignants et l’absence de logements pour le personnel. Un manque qui complique davantage la présence régulière des encadreurs, souvent contraints de parcourir de longues distances dans des conditions difficiles.

L’accès même à l’école illustre les défis auxquels fait face cette communauté éducative. Routes peu praticables, absence de moyens de transport adaptés… rejoindre Gninagbé relève parfois du parcours du combattant.
« Quand on nous appelle, venir ici n’est pas facile. Il n’y a pas de moyens de déplacement », explique Onivogui Massakoye, directeur de l’école primaire, qui dit avoir reçu une moto pour faciliter ses déplacements, une aide précieuse mais insuffisante face à l’ampleur des besoins.

Onivogui Massakoye, directeur de l’école primaire
Ces conditions impactent directement la fréquentation scolaire. De nombreux élèves peinent à suivre régulièrement les cours. Certains s’absentent plusieurs jours, voire plusieurs semaines, fragilisant leur apprentissage et augmentant les risques d’abandon scolaire.
« Il y a beaucoup de souffrance ici. Les enfants viennent un jour, puis disparaissent pendant une ou deux semaines », déplore Mariama Ciré Barry, enseignante.

Mariama Ciré Barry, Enseignante
Dans ce contexte, la volonté d’apprendre et d’enseigner reste intacte, mais elle se heurte à des contraintes structurelles persistantes.
L’école de Gninagbé incarne ainsi le quotidien de nombreuses zones rurales, où l’accès à une éducation de qualité dépend encore largement de l’amélioration des infrastructures de base.

Au-delà des chiffres et des constats, c’est un appel silencieux qui se fait entendre depuis Ouré-Kaba : celui d’investir davantage dans les conditions d’apprentissage, pour offrir à chaque enfant les mêmes chances de réussite. Car ici, malgré les difficultés, une chose demeure : la conviction que l’école reste le premier levier d’espoir.

Par Mamadou Alpha Soryah Diallo, pour Infosbruts.com















