Boffa, 16 avril (Infosbruts.com) – À Bolondé, quartier de la commune urbaine de Boffa, l’électricité semble avoir adopté un nouveau mode de fonctionnement : apparition surprise… et disparition encore plus rapide. Une stratégie visiblement peu appréciée par les habitants, qui ont décidé, dans la nuit du 15 au 16 avril, de passer du statut d’usagers patients à celui de manifestants déterminés.

Une coupure de trop
Tout commence par une scène banale devenue presque rituelle : des habitants s’activent pour puiser de l’eau, profitant du courant… quand soudain, noir total. Encore.
Mais cette fois, la coupure de trop a été celle qu’il ne fallait pas. Résultat : des jeunes et des femmes, excédés par une situation devenue « quasi quotidienne », sont descendus dans la rue.
Et comme à Bolondé, on ne fait pas les choses à moitié, le message a été clair : barricades érigées, pneus brûlés, routes bloquées. Traduction locale d’un ras-le-bol énergétique.

Quand l’obscurité éclaire la colère
Privés d’électricité, les habitants ont trouvé une autre source d’énergie : la frustration. Une énergie renouvelable, apparemment inépuisable, qui a alimenté la mobilisation toute la nuit.
Dans une ambiance mêlant tension et détermination, les manifestants ont transformé le quartier en zone de protestation, rappelant que vivre dans le noir n’est pas seulement inconfortable… c’est devenu inacceptable.
Intervention des forces de l’ordre : scénario classique
Face à la situation, les forces de l’ordre ont été rapidement déployées. Gaz lacrymogènes, dispersion, repli… puis retour des manifestants. Un ballet désormais bien connu.

Car à Bolondé, la colère ne s’évapore pas aussi facilement que les nuages de gaz. Malgré les tentatives de dispersion, les protestataires ont maintenu la pression, prolongeant la mobilisation jusqu’au jeudi.
Une ville au ralenti… faute de courant
Conséquences immédiates : écoles fermées, commerces à l’arrêt, et surtout, un axe routier stratégique — la route Boké-Conakry — paralysé dans les deux sens. Une situation qui rappelle une évidence : quand l’électricité disparaît, ce n’est pas seulement la lumière qui s’éteint… c’est toute une ville qui ralentit.
Des revendications simples… mais récurrentes
Les manifestants ne demandent pas l’impossible. Leur exigence tient en une phrase : une solution durable.
Pas une promesse, pas une réparation temporaire, pas un « ça va revenir ». Non. Une solution.
Car à force de vivre au rythme des coupures, certains habitants commencent à connaître les horaires de délestage mieux que leur propre programme quotidien.

Le paradoxe de l’électricité invisible
À Boffa, comme dans d’autres localités, l’électricité est devenue une présence paradoxale : essentielle mais incertaine, attendue mais imprévisible.
Et à Bolondé, les habitants ont décidé de rappeler une chose simple : on peut s’adapter à beaucoup… mais difficilement à l’obscurité permanente.

Moralité : quand la lumière s’éteint, la contestation s’allume
Au final, cette nouvelle mobilisation illustre une réalité bien ancrée : l’accès à l’électricité n’est plus un luxe, mais une exigence.
Et quand cette exigence n’est pas satisfaite, ce ne sont pas seulement les ampoules qui cessent de fonctionner… ce sont aussi les nerfs qui lâchent.
À Bolondé, le message est désormais clair : si le courant ne passe pas dans les câbles, il passera dans la rue. Reste à savoir laquelle des deux solutions arrivera en premier.
Par Idrissa Sampiring Diallo, chroniqueur des lumières absentes et des colères bien visibles, pour Infosbruts.com















