Labé, 16 avril (Infosbruts.com) – À Labé, la Journée Internationale des Droits des Femmes a été célébrée… en différé. Oui, ici, même les droits prennent parfois un léger retard, mais arrivent toujours avec fanfare. Et quelle fanfare ! La ville de Karamoko Alpha Mo Labé s’est transformée, le temps d’une journée, en capitale de l’engagement, du slam… et des discours bien rodés.

Une ambiance festive… au camp militaire
C’est au camp militaire que les festivités ont démarré, dès les premières heures de la matinée. Entre femmes civiles et femmes en uniforme, l’ambiance était à la fois solennelle et chaleureuse. Poèmes, chants, témoignages : tout y est passé. On aurait presque oublié, le temps d’un refrain bien placé, que le thème du jour portait sur l’accès à la justice.

Car oui, cette année, il s’agissait de réfléchir à : « Assurer l’accès à la justice pour toutes les femmes et les filles de la Guinée ».
Un thème ambitieux… presque aussi ambitieux que certaines promesses qu’on entendra plus tard dans la journée.
Des femmes fortes… et des mots encore plus forts
Sur scène, les interventions ont rivalisé d’intensité. Les participantes ont rappelé, avec raison, que les femmes occupent aujourd’hui des postes de responsabilité, dirigent des institutions, et même des États. À Labé, on ne vise pas moins.
Mais derrière les mots puissants, une question flottait discrètement : et sur le terrain, la justice suit-elle le rythme des discours ?

Direction l’amphithéâtre : là où tout devient officiel
Après l’étape du camp militaire, cap sur l’amphithéâtre de la ville. Là, changement de décor : plus de monde, plus de micros, et surtout… plus de discours officiels.
Madame l’Inspectrice Régionale de la Promotion Féminine a pris la parole, remerciant Dieu, saluant les autorités, et rappelant le rôle essentiel des femmes. Un passage désormais incontournable, presque aussi attendu que le thé à la fin des cérémonies.
Elle a ensuite lancé un appel fort à dénoncer les violences basées sur le genre. Un appel nécessaire, même si chacun sait que dénoncer reste parfois plus facile à dire… qu’à faire.

Madama Kébé Kadiatou Baïlo Soumanoh, Inspectrice régionale de la Femme, de la Famille et des Solidarités de Labé
Slam, poésie et réalités bien connues
Les jeunes slameurs ont ensuite pris le relais, avec des textes engagés, vibrants, parfois poignants. Pendant quelques minutes, les mots ont frappé plus fort que les discours. Le public a applaudi, touché. Car là, au moins, pas de protocole : juste des vérités dites à voix haute.
Un panel riche… et des défis qui restent
Le panel a réuni du beau monde : santé, justice, police, société civile. Chacun a exposé ses défis, ses efforts, ses engagements.
Mais entre deux interventions bien structurées, une réalité persistait : les mécanismes existent, oui… mais leur accessibilité reste, disons, variable selon les situations. Et surtout selon les moyens.

Religion, bénédictions… et rappel utile
Comme souvent, la cérémonie s’est conclue par des interventions religieuses. L’imam, suivi des responsables institutionnels, a rappelé que l’islam condamne toute forme de maltraitance envers les femmes. Un rappel important, nécessaire… et visiblement toujours d’actualité.
Une journée réussie… mais le vrai test commence après
Au final, la célébration a été belle, mobilisatrice, riche en messages et en symboles. Labé a vibré, les femmes ont été mises à l’honneur, les discours ont été prononcés, les photos prises.

Reste maintenant la suite : transformer les mots en actions, les engagements en résultats, et les thèmes en réalités.
Car à Labé comme ailleurs, les femmes n’attendent pas seulement qu’on parle de leurs droits… elles attendent surtout qu’ils soient appliqués.
Et ça, malheureusement, ne se célèbre pas en différé.
Par Idrissa Sampiring Diallo, chroniqueur des grandes cérémonies et des petites avancées, pour Infosbruts.com















