Conakry, 9 avril (Infosbruts.com) — L’émotion et le recueillement ont marqué le rassemblement de magistrats et d’acteurs du monde judiciaire, mardi à Conakry, à l’occasion des hommages rendus au magistrat Malick Marcel Oularé, décédé le 27 mars 2026 à l’Hôpital Ignace Deen.

Au-delà de la tristesse, cette cérémonie a été marquée par une intervention forte de Thierno Amadou Oury Diallo, avocat au barreau de Guinée, qui a lancé un appel solennel à une introspection collective au sein de la justice guinéenne.
Dans un discours empreint de spiritualité et de responsabilité, l’avocat a invité magistrats et avocats à revoir leurs pratiques professionnelles et à recentrer leur mission sur la quête de vérité et le service du peuple.

Maître Thierno Amadou Oury Diallo, avocat au Barreau de Guinée
« Revoyons notre façon de travailler. Est-ce que nous disons la vérité ? Est-ce que nous servons le peuple ? », a-t-il interrogé, appelant à une remise en question profonde des comportements au sein du système judiciaire.
Thierno Amadou Oury Diallo a rappelé le caractère « sacré » de la fonction de magistrat, qu’il qualifie de « profession divine ». S’appuyant sur des références religieuses, il a insisté sur la responsabilité morale qui incombe aux juges, les invitant à privilégier la vérité plutôt que l’accusation.

« Le juge n’accuse pas. Dieu n’accuse pas. Dieu dit la vérité. Donc si vous exercez une profession divine, vous devez dire la vérité », a-t-il martelé devant une assistance attentive.
S’adressant également à ses confrères avocats, il a appelé à plus de rigueur et d’honnêteté dans la conduite des dossiers judiciaires. Il a notamment questionné la pertinence de certaines procédures engagées et la sincérité des conseils donnés aux clients.
« Est-ce que nous disons la vérité à nos clients ? Est-ce que nous engageons des procédures fondées ? Revoyons notre stratégie de travail », a-t-il insisté.

Ces propos, prononcés dans un contexte de deuil, ont résonné comme un plaidoyer en faveur d’une justice plus intègre, transparente et respectueuse des principes éthiques.
La disparition de Malick Marcel Oularé a ainsi été l’occasion pour les acteurs judiciaires de réfléchir aux défis du système judiciaire guinéen et à la nécessité de renforcer la confiance des citoyens envers les institutions.
À travers cet hommage, c’est aussi un appel à la responsabilité collective qui a été lancé, afin de bâtir une justice plus juste, au service des citoyens et conforme aux valeurs fondamentales du droit.
Par Idrissa Sampiring Diallo pour Infosbruts.com















