Labé, 11 févr (Infosbruts.com) – L’affaire de l’agression d’une collégienne par plusieurs de ses camarades continue de susciter une vive émotion à Labé. Alors que des images de la scène ont massivement circulé sur les réseaux sociaux, une foule d’élèves a envahi, lundi, la cour du tribunal de première instance, dans l’espoir d’assister au procès. Une mobilisation qui a alimenté les inquiétudes sur d’éventuelles pressions populaires sur la justice.

Mohamed Samoura, Procureur de Labé
Face à cette situation, le parquet a tenu à apporter des clarifications.
Selon Mohamed Samoura, procureur de la République près le tribunal de première instance de Labé, neuf personnes ont été interpellées, dont sept mineures et deux majeures, parmi lesquelles figure un garçon.
Dans un premier temps, les procédures concernant les majeurs et les mineurs avaient été disjointes. Mais en raison du climat de tension observé au tribunal, les autorités judiciaires ont décidé de joindre les dossiers et de saisir le juge des enfants, compétent en matière de mineurs en conflit avec la loi.
Le substitut du procureur de la république près le tribunal de première instance de Labé, Moussa Camara précise que, conformément aux dispositions du Code de procédure pénale relatives au flagrant délit, les personnes interpellées doivent être présentées rapidement devant un juge. Toutefois, l’audience prévue n’a pas pu se tenir en raison de l’affluence inhabituelle constatée au tribunal.
Dans la soirée, le juge des enfants et le substitut du procureur chargé des mineurs se sont rendus à la maison centrale de Labé, où les neuf mis en cause ont été inculpés en présence de leurs parents puis placés sous mandat de dépôt.
Indépendance de la justice et respect des droits
Interrogé sur les pressions extérieures, le procureur Mohamed Samoura se veut catégorique : « Aucune pression ne va influencer le magistrat saisi. Le juge est indépendant et la procédure suivra son cours normal. »
Il a également rappelé que les personnes poursuivies, en majorité mineures, bénéficieront de toutes les garanties prévues par la loi, notamment le droit à l’assistance d’un avocat. Des ONG spécialisées dans la défense des mineurs pourraient être sollicitées à cet effet.
Images diffusées : un rappel à la loi
Autre point soulevé par le parquet : la circulation d’images des jeunes filles interpellées sur les réseaux sociaux. Le magistrat rappelle que la captation et la diffusion d’images sans consentement constituent une infraction, particulièrement lorsqu’il s’agit de mineurs.
« Même si des images sont prises, les visages ne doivent pas être montrés. La loi protège les mineurs », a insisté le chef du parquet de Labé.

Moussa Camara, Substitut du Procureur de Labé
Appel au calme
Alors que l’opinion publique suit de près cette affaire, le parquet de Labé appelle à la retenue et à la responsabilité. La justice, affirme le substitut du procureur Moussa Camara, entend traiter ce dossier avec diligence, dans le respect des textes en vigueur et des droits des parties.
Une chose est certaine : dans cette affaire qui a profondément choqué la population, les autorités judiciaires assurent que la lumière sera faite et que la loi sera appliquée, sans pression ni favoritisme.
Par Idrissa Sampiring Diallo pour Infosbruts.com















