Labé, 22 avril (Infosbruts.com) – À Labé, l’impatience a laissé place à la frustration. Selon plusieurs témoignages concordants, 1 052 citoyennes et citoyens enrôlés depuis près d’un an n’ont toujours pas pu récupérer leurs cartes nationales d’identité biométriques. En cause : un lot initialement imprimé en mauvaise qualité, puis renvoyé au ministère de la Sécurité pour une reprise du processus.

Depuis, silence radio. Dans les locaux du commissariat central de Labé, les usagers se heurtent à un flou persistant. « On nous renvoie toujours à une prochaine occasion », confie un demandeur, visiblement à bout de souffle.
Pour beaucoup, cette pièce administrative n’est pas un simple document : elle conditionne l’accès à des droits fondamentaux, des services publics, des opportunités de voyage ou encore des démarches bancaires.
Le problème, à première vue technique, prend ainsi une dimension sociale préoccupante. Certains citoyens affirment avoir engagé des dépenses pour constituer leurs dossiers, multiplié les déplacements et perdu un temps précieux, sans aucune visibilité sur l’issue de leur situation.
Du côté des autorités locales, peu d’explications filtrent officiellement. L’absence de communication renforce le sentiment d’abandon chez les concernés, qui ne savent plus à quelle institution se fier ni vers quel commissariat se tourner pour obtenir des informations fiables.
Le représentant local de l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme (OGDH) dit suivre l’affaire avec attention. Idrissa Sampiring Diallo exprime son inquiétude face à ce que son organisation considère comme une atteinte au droit à l’identité, un droit fondamental reconnu tant au niveau national qu’international.

L’organisation de défense des droits de l’homme et du citoyen appelle à une clarification urgente de la situation et à la mise en place de mécanismes d’information accessibles aux citoyens.
Au-delà du cas de Labé, cet épisode relance le débat sur la gestion administrative et la fiabilité des procédures d’identification en Guinée. La modernisation annoncée à travers la biométrie visait justement à sécuriser et fluidifier la délivrance des pièces d’identité. Mais sur le terrain, les dysfonctionnements persistent, mettant en lumière les limites opérationnelles du système.
Face à l’urgence, plusieurs voix s’élèvent pour demander des mesures concrètes : communication officielle sur l’état d’avancement du dossier, et surtout, accélération du processus de réimpression et de distribution.
En attendant, 1 052 citoyens de Labé restent suspendus à une carte qui tarde à venir — et avec elle, une partie de leur citoyenneté administrative.
Par Mamadou Alpha Diallo pour Infosbruts.com














