Bankon, 20 avril (Infosbruts.com) – À Nafadji, se rendre au poste de santé relève moins d’une consultation médicale que d’une aventure digne d’un rallye tout-terrain. Situé dans la sous-préfecture de Bankon, ce centre censé soigner les populations ressemble aujourd’hui à un vestige… fonctionnel, du moins sur le papier.

Kadia Adama Camara, chef du district Nafadji
Un bâtiment historique… au sens littéral
Construit en 1987 — à une époque où les cassettes audio régnaient encore — le premier bâtiment du poste de santé semble avoir décidé de traverser les décennies sans mise à jour. Trop petit, trop vieux, mais toujours debout : un exploit architectural qui ferait presque oublier sa mission première.
« Il est devenu trop exigu », reconnaît Kadia Adama Camara au micro de Guineematin.com. Traduction locale : même les microbes commencent à manquer d’espace.
Une maternité sans… maternité
En 2013, la communauté, visiblement optimiste, décide de construire une maternité. Bonne idée sur le papier. Sauf que, détail technique mineur : pas de lits, pas d’équipements.
Résultat ? Un bâtiment flambant (presque) neuf où l’on peut accoucher… en théorie.
Diagnostic : débrouillardise aiguë
Besoin d’une analyse médicale ? Pas de problème. Enfin si, un petit : il faut quitter Nafadji et partir à l’aventure vers Siguiri ou ailleurs.
« Nous sommes contraints de nous déplacer », explique le président du district. Une façon élégante de dire que le diagnostic commence par une expédition.
Un personnel… minimaliste
Côté ressources humaines, la situation frôle le concept artistique : un seul agent de santé, épaulé par une femme du village « considérée comme sage-femme ».
Autrement dit, ici, le système de santé repose sur la foi, l’expérience… et beaucoup de courage.
L’ambulance ? Une légende locale
En cas d’urgence, accrochez-vous. L’évacuation vers Bankon ou Siguiri dépend surtout de l’état de la route. Et en saison des pluies, cette route disparaît presque dans la boue.
« C’est un parcours du combattant », résume Kadia Adama Camara. Certains diront même : un niveau avancé.
Le paradoxe frontalier
Ironie du sort : de l’autre côté de la frontière, au Mali, des structures de santé mieux équipées existent à proximité.
Mais encore faut-il y accéder. Et là encore, la route rappelle gentiment que rien n’est simple à Nafadji.
Une urgence bien réelle derrière l’ironie
Derrière cette réalité qui prête parfois à sourire (jaune), se cache une situation profondément préoccupante. Les habitants réclament des mesures concrètes : agrandissement du poste, équipements adaptés, personnel qualifié et routes praticables.
Car à Nafadji, se soigner ne devrait pas être une épreuve. Et encore moins une aventure.
Par Idrissa Sampiring Diallo pour Infosbruts.com, là où l’actualité fait parfois rire… avant de faire réfléchir.














