Koubia, 25 Janv (Infosbruts.com) – La Justice de paix de Koubia a organisé, le vendredi dernier, une importante conférence d’information et de sensibilisation à l’intention des autorités administratives et communautaires de la préfecture. Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de rapprochement entre la justice et les populations, avec pour objectif principal la vulgarisation des textes de loi et le renforcement de l’État de droit.

La rencontre, tenue dans la salle de conférence de la mairie, a réuni les présidents de districts, les chefs de quartiers et de secteurs, les sous-préfets ainsi que plusieurs responsables des services déconcentrés de l’État. Au centre des échanges : la politique pénale de la République de Guinée et la nécessité pour les acteurs locaux de respecter strictement les limites de leurs compétences.
Lutte contre les entraves à la justice
Dans son intervention, le Juge de Paix de Koubia, M. Ibrahima Camara, a longuement insisté sur la problématique de l’entrave à la saisine de la justice. Il a dénoncé certaines pratiques consistant à empêcher les victimes de porter plainte, à interférer dans les enquêtes judiciaires ou à dissimuler des infractions.

Selon lui, ces agissements constituent des infractions prévues et réprimées par le Code pénal guinéen. « En Guinée, seuls les cours et tribunaux sont habilités à dire le droit. Toute ingérence des autorités non judiciaires constitue une violation grave du principe de la séparation des pouvoirs », a-t-il rappelé, soulignant que les contrevenants s’exposent à des peines d’emprisonnement et à des amendes.
Mariages précoces et violences basées sur le genre
La conférence a également été l’occasion d’aborder des sujets sociaux sensibles, notamment les mariages précoces et forcés, ainsi que les violences basées sur le genre. Le magistrat a rappelé que tout mariage impliquant une personne âgée de moins de 18 ans est strictement interdit par la loi guinéenne.

Ibrahima Camara, Juge de Paix de Koubia
Il a également précisé que les parents ou toute autorité complice de ces pratiques peuvent voir leur responsabilité pénale engagée, conformément aux dispositions du Code de l’enfant. « La loi protège les mineurs et les femmes. Ces valeurs ne sont pas négociables », a-t-il martelé.
Un appel à la responsabilité des autorités locales
Très présents à la rencontre, les chefs de districts, de quartiers et de secteurs ont été appelés à jouer un rôle de relais de la loi au sein de leurs communautés. La Justice de paix attend d’eux un changement de comportement et une collaboration active dans la sensibilisation des populations.
À l’issue des échanges, plusieurs participants ont salué l’initiative et exprimé leur engagement à relayer les messages auprès des citoyens, dans un esprit de prévention des conflits et de respect des lois de la République.

Vers une justice plus proche des citoyens
À travers cette initiative, la Justice de paix de Koubia entend renforcer la confiance entre l’institution judiciaire et les populations, tout en contribuant à la promotion de la paix sociale et du vivre-ensemble.
La rencontre s’est achevée dans une atmosphère conviviale, marquée par des prières et des bénédictions formulées par les sages pour la paix à Koubia, dans la région de Labé et dans toute la République de Guinée.
Par Idrissa Sampiring DIALLO pour Infosbruts.com















