Kouroussa, 9 avril (Infosbruts.com) — Depuis plusieurs jours, la présence de travailleurs burkinabés le long des cours d’eau de Kouroussa suscite une vive controverse. En cause : une dégradation environnementale jugée alarmante par les populations locales, qui pointent du doigt une exploitation incontrôlée des berges et des ressources naturelles.

Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, ces installations ne seraient pas clandestines, mais plutôt tolérées, voire encadrées par certaines autorités locales. Un travailleur, ayant requis l’anonymat, affirme que leur activité se déroule avec l’aval de la commune et des services de l’environnement.

« Nous sommes ici en toute légalité. La commune est au courant, l’environnement aussi. Chaque fin de mois, les agents de la mairie passent récupérer 30 000 GNF par personne, et M. Pascal Condé, chef de la section pollution, nous exige 500 000 GNF par an comme taxe environnementale », a-t-il confié.
Des accusations graves qui laissent planer un doute sur une éventuelle complicité administrative dans cette affaire.
Contacté pour réagir, le président de la délégation spéciale de Kouroussa s’est dit surpris par ces révélations. Il affirme ne pas être informé de la situation, tout en sollicitant un délai pour vérifier les faits auprès de la commission Mines et Carrières.

Du côté de la Direction préfectorale de l’environnement, la réaction a été plus tendue. Son directeur, interrogé sur les impacts écologiques, a éludé les préoccupations soulevées par les citoyens. « Quelle dégradation de l’environnement ? Expliquez-moi ce que vous appelez dégradation avant de poser des questions… ! », a-t-il rétorqué, sur un ton jugé méprisant.
Interpellé à son tour, Pascal Condé, chef de la section pollution, n’a pas apporté d’éclaircissements convaincants. À propos des montants qu’il serait censé percevoir, il a botté en touche : « Je ne suis pas propriétaire du terrain, ce n’est pas moi qui les ai installés. Vous croyez que j’ai du temps à perdre avec ça ? »

Des réponses jugées évasives, qui renforcent les soupçons d’opacité dans la gestion de cette situation.
Pendant ce temps, les rivières de Kouroussa continuent de subir les effets d’une exploitation intensive, alimentant l’inquiétude des riverains quant à la préservation de leur environnement et de leurs moyens de subsistance.
Face à cette polémique grandissante, de nombreux citoyens appellent à une enquête approfondie et à des mesures urgentes pour encadrer les activités le long des cours d’eau, afin d’éviter une dégradation irréversible des écosystèmes locaux.
Avec Gbaikandjamana.com















