Dabola, 16 avril (Infosbruts.com) – À Dabola, l’administration locale a eu droit, lundi, à une visite pas comme les autres. Le Directeur national des collectivités locales, Dr Mohamed Faro, est venu voir de ses propres yeux comment se portent les délégations spéciales installées à la tête des communes. Une sorte de contrôle technique de la gouvernance locale, version terrain.

Objectif affiché : évaluer, comprendre, corriger. Objectif officieux (mais largement deviné) : vérifier si la machine administrative tourne… ou si elle tourne en rond.
Dès son arrivée, la mission a enchaîné les rencontres avec les autorités communales, les membres de la délégation spéciale et les cadres administratifs. Au programme : discussions sur la gestion administrative, finances locales et développement. Un trio classique, souvent évoqué, parfois maîtrisé, et régulièrement… perfectible.
Pour certains responsables locaux, cette visite a eu des allures de révélation.
« C’est une première pour nous », reconnaît Alhassane Kourouma, Directeur préfectoral de l’administration du territoire et de la décentralisation. Une déclaration qui, à elle seule, résume l’importance – et peut-être la rareté – de ce type de mission sur le terrain.

Du côté des communes, le message est clair : il faut évaluer pour mieux corriger. Aboubacar Yarie Bangoura, secrétaire général de la commune de Kankama, plaide pour un diagnostic sans complaisance. Autrement dit, mettre en lumière les insuffisances… même si elles sont déjà bien visibles.
À Dabola centre, Mamady Kaba appelle à plus de rigueur. Mise à jour des documents administratifs, gestion comptable, organisation interne… autant de points qui, après le passage de la mission, devraient théoriquement entrer dans une nouvelle ère de discipline. Théoriquement.
Car sur le terrain, la réalité est souvent plus nuancée. Entre manque de moyens, contraintes logistiques et défis structurels, la bonne volonté ne suffit pas toujours à faire fonctionner la machine administrative à plein régime.
Conscient de ces enjeux, Dr Mohamed Faro a replacé cette mission dans un cadre plus large. À l’échelle nationale, des équipes similaires sont déployées pour évaluer les performances des délégations spéciales mises en place en 2024. Une opération stratégique, surtout à l’approche des élections communales et législatives.
Traduction : il s’agit de faire un état des lieux… avant que les citoyens ne s’en chargent eux-mêmes dans les urnes.
Sur le papier, l’ambition est louable : améliorer la gouvernance locale, renforcer la transparence et rendre les collectivités plus efficaces. Sur le terrain, le défi reste entier : transformer les constats en actions concrètes.

À Dabola, cette mission aura au moins eu le mérite de rappeler une évidence : gérer une collectivité ne se limite pas à occuper un poste, mais exige organisation, rigueur et résultats.
Reste à savoir si, après le départ de la délégation, les bonnes résolutions survivront au quotidien administratif… ou si elles seront soigneusement archivées, en attendant la prochaine mission d’évaluation.
Par Idrissa Sampiring Diallo, observateur des contrôles qui passent et des habitudes qui restent, pour Infosbruts.com















