Mamou, 14 avril (Infosbruts.com) – Dans la sous-préfecture d’Ourekaba, la route menant à Gninagbé est devenue un véritable calvaire pour les populations locales. Longue d’environ 16 kilomètres, cette piste, autrefois praticable, s’est fortement dégradée au fil des années, au point d’être aujourd’hui presque inutilisable.

Pour parcourir cette courte distance, les habitants n’ont d’autre choix que d’emprunter des motos, souvent surchargées avec jusqu’à quatre passagers. Malgré cela, le trajet dure entre trois et quatre heures. Quant aux rares véhicules qui tentent l’aventure, ils peuvent mettre jusqu’à trois jours pour atteindre leur destination, notamment en saison des pluies.

Durant cette période, la situation devient critique. Certains axes sont totalement coupés, notamment au niveau des marigots, rendant toute traversée impossible pendant plusieurs jours. Face à cette réalité, les habitants adoptent des solutions extrêmes : « Nous envoyons des enfants qui savent nager pour aller chercher des condiments en Sierra Leone », témoigne Elhadj Mamadou Kadja, président du district de Sébékoto.

Elhadj Mamadou Kadja, président du district de Sébékoto.
Cette route joue pourtant un rôle stratégique. Elle relie plusieurs localités de la sous-préfecture d’Ourekaba à la Sierra Leone, facilitant les échanges commerciaux et la circulation des personnes. Mais aujourd’hui, cet axe vital est en train de disparaître.
Livrées à elles-mêmes, les populations tentent de maintenir la piste en état avec les moyens du bord. À Bogoreto, hommes et femmes se mobilisent régulièrement pour réparer les portions les plus endommagées. Munis de pelles, de houes, de piques, de coupe-coupes et de brouettes, ils s’efforcent de rendre la route praticable.

Mamadou Diawara, citoyen de la localité.
« Nous travaillons nous-mêmes pour permettre aux véhicules d’accéder à notre village. Mais dès que la saison des pluies arrive, nous sommes coupés du reste du monde », explique Mamadou Diawara, citoyen de la localité.

Dans certaines zones, comme la montagne de Bogoreto, la traversée peut prendre jusqu’à trois à quatre jours en période difficile.

« Quand la saison des pluies arrive, nous sommes coupés des autres villages. On peut faire 3 à 4 jours sur cette montagne de Bogoreto où la route peut être coupée pendant une semaine », regrette Ibrahima Sory Sow, chauffeur.

Ibrahima Sory Sow, chauffeur.
Une situation qui freine non seulement le commerce local, mais aussi l’accès aux soins, à l’éducation et aux services de base.

Face à cette urgence, les populations lancent un appel aux autorités pour la réhabilitation de cet axe vital. Sans intervention rapide, c’est tout un territoire qui risque de rester durablement enclavé.
Depuis Mamou, Alpha Soryah Diallo pour Infosbruts.com















