Labé, 9 avril (Infosbruts.com) – À Labé, comme dans plusieurs régions du pays, le non-respect du protocole d’État lors des cérémonies officielles continue de susciter incompréhensions et frustrations, notamment chez les professionnels des médias et certains observateurs avertis de l’administration publique.

De plus en plus, des dysfonctionnements sont constatés dans l’organisation des événements officiels, notamment en ce qui concerne l’ordre de préséance des autorités. Sur le terrain, organisateurs comme invités semblent souvent ignorer les règles élémentaires du protocole, pourtant essentielles au bon déroulement des cérémonies publiques.
Dans plusieurs cas, aucune distinction claire n’est faite entre autorités administratives et simples techniciens des services déconcentrés de l’État. Des situations jugées « aberrantes » sont régulièrement observées, où l’ordre d’arrivée sur les lieux semble primer sur la hiérarchie administrative, reléguant au second plan les principes établis du protocole républicain.
Cette confusion s’étend également aux corps de défense et de sécurité. Le manque de clarté sur les rangs et fonctions — entre, par exemple, un préfet ayant rang de colonel et un responsable sécuritaire de grade supérieur — alimente davantage le désordre et l’incompréhension.

Une anecdote marquante illustre cette réalité : alors en poste au bureau régional de l’Agence guinéenne de presse (AGP) à Labé, j’ai été surpris de voir un inspecteur régional solliciter auprès de moi une autorisation de mission. L’intéressé, pensant s’adresser à la seule « autorité » présente dans les locaux du gouvernorat, ignorait visiblement les règles hiérarchiques de l’administration. Une situation révélatrice des lacunes en matière de formation administrative et protocolaire.
Face à ce constat, un renforcement des capacités des acteurs publics s’impose. L’idée d’organiser des sessions de formation sur le protocole d’État et la hiérarchie administrative devrait retenir l’attention des autorités centrales de la république. Ces formations devraient concerner aussi bien les cadres de l’administration publique que les responsables des collectivités décentralisées et les acteurs de la société civile.

La maîtrise du protocole ne relève pas du simple formalisme, mais constitue un levier essentiel pour renforcer l’autorité de l’État, garantir le respect des institutions et améliorer l’image de l’administration publique.
Dans un contexte de refondation de l’État prôné par les autorités guinéennes, la question du respect du protocole apparaît ainsi comme un enjeu majeur, à la croisée de la discipline administrative, de la culture institutionnelle et du professionnalisme des acteurs publics.
Par Idrissa Sampiring Diallo pour Infosbruts.com














