Mamou, 18 avril (Infosbruts.com) – Dans le village de Gninagbé, situé à Ouré-Kaba, dans la préfecture de Mamou, l’accès aux soins reste un défi quotidien. Pourtant, depuis plusieurs années, la localité dispose d’un poste de santé censé répondre aux besoins essentiels des habitants. Mais aujourd’hui, cette infrastructure sanitaire est confrontée à une réalité préoccupante : dégradation avancée des installations, manque criant d’équipements et insuffisance de personnel qualifié.

Une structure fragile et sous-équipée
Sur place, le constat est sans appel. Le poste de santé fonctionne avec un seul agent, contraint d’assurer à lui seul l’ensemble des consultations et des urgences. Un défi immense dans une zone où les besoins sanitaires, notamment en matière de santé maternelle, sont particulièrement élevés.

À cela s’ajoute un manque d’équipements de base : absence de lits, conditions d’accueil précaires et surtout, un problème majeur d’accès à l’eau. Dans un contexte médical, cette carence compromet non seulement la qualité des soins, mais pose également un risque sérieux en matière d’hygiène et de prévention des infections.
La question sensible des accouchements
Au-delà des contraintes matérielles, une autre réalité socioculturelle complexifie davantage la situation. Dans ce village, certaines femmes hésitent encore à se rendre au poste de santé pour accoucher, en raison de la présence d’un agent de santé masculin.

Mory Solano, l’Agent de Santé en poste à Gninagbé
Malgré ces réticences, une évolution progressive est observée. « Elles viennent petit à petit », confie Mory Solano, l’agent en poste, signe d’une confiance qui se construit lentement. Mais pour améliorer durablement la fréquentation du centre, la présence d’une sage-femme apparaît comme une nécessité.
« Pour que ce soit plus simple, j’aimerais avoir une femme à côté de moi pour la prise en charge des femmes enceintes », explique-t-il, soulignant l’importance d’un accompagnement adapté et respectueux des sensibilités locales.
Un système de santé local sous pression
Le poste de santé de Gninagbé ne bénéficie que du soutien d’un seul agent de santé pour tout le secteur. Une collaboration jugée satisfaisante, mais largement insuffisante au regard des besoins de la population.

Cette situation illustre les défis persistants du système de santé dans certaines zones rurales de Guinée : manque de personnel, infrastructures insuffisantes, et accès limité aux ressources de base.
Une urgence sanitaire à adresser
Au-delà du cas de Gninagbé, cette réalité met en lumière les inégalités d’accès aux soins entre zones urbaines et rurales. Elle soulève également des questions cruciales sur la nécessité d’investir davantage dans les infrastructures de santé de proximité.
Renforcer les capacités du poste de santé — en personnel, en équipements et en ressources essentielles comme l’eau — pourrait non seulement améliorer les conditions de prise en charge, mais aussi encourager davantage de femmes à recourir aux services médicaux, notamment pour les accouchements.
Entre résilience et espoir
Malgré les difficultés, les populations de Gninagbé continuent de faire preuve de résilience. La fréquentation progressive du centre de santé témoigne d’une volonté de changement et d’une prise de conscience croissante de l’importance des soins médicaux.
Reste désormais à savoir si cette dynamique sera accompagnée par des actions concrètes des autorités sanitaires et des partenaires au développement.
Par Alpha Soryah Diallo pour Infosbruts.com qui met en lumière les réalités locales pour mieux comprendre les enjeux nationaux.















