Mamou, 17 avril (Infosbruts.com) – C’est une histoire qui aurait pu prêter à sourire si elle ne révélait pas, en filigrane, certaines réalités bien connues de la vie politique guinéenne. À Mamou, le journaliste Sidi Diallo se retrouve au cœur d’une mésaventure pour le moins déroutante : candidat sans jamais avoir été… candidat.

Dans un message empreint de dignité et de résignation, il annonce que son dossier de candidature pour les législatives du 31 mai 2026 n’a tout simplement pas été déposé par sa propre formation politique, la Génération pour la Modernité et le Développement (GMD). Une situation qui soulève une question simple : comment peut-on rater une course sans même être inscrit sur la ligne de départ ?
Selon la Direction préfectorale des élections de Mamou, chargée de réceptionner les dossiers, aucune trace du dossier de Sidi Diallo. Disparu ? Égaré ? Resté coincé dans un tiroir politique mal fermé ? Le mystère reste entier, mais une chose est sûre : la candidature s’est évaporée avant même d’exister officiellement.

Dans une Guinée où les batailles électorales sont souvent rudes, celle-ci inaugure peut-être une nouvelle discipline : l’élimination administrative avant compétition. Une innovation qui, à défaut de mobiliser les foules, mérite au moins une mention spéciale dans le grand théâtre politique national.
Loin de céder à l’amertume, Sidi Diallo choisit la voie de l’élégance. Il s’en remet à la volonté divine, remercie ses soutiens — des 13 sous-préfectures jusqu’à la diaspora — et souhaite bonne chance à ceux qui, eux, ont eu le privilège d’exister sur la liste officielle.

Dans ce récit à mi-chemin entre tragédie bureaucratique et comédie politique, un détail interpelle : l’absence d’explication claire du côté du GMD. Silence radio, comme si la candidature s’était perdue dans une zone blanche du réseau partisan.
Mais au-delà de l’ironie, cette affaire pose une question sérieuse : combien d’autres ambitions politiques se perdent ainsi dans les couloirs opaques des appareils partisans ?

En attendant, à Mamou, les électeurs devront composer sans ce candidat « invisible », tandis que Sidi Diallo, lui, semble déjà prêt pour une autre scène. Car comme il le souligne lui-même, « cette aventure ne fait que commencer ». Reste à espérer que, la prochaine fois, son dossier trouvera bien le chemin… jusqu’au dépôt.
Par Idrissa Sampiring Diallo, observateur des candidatures visibles et invisibles, Infosbruts.com















