Labé, 16 avril (Infosbruts.com) – À Labé, il y a des règles non écrites. Et puis il y a celles qu’on apprend… parfois à ses dépens. Un étudiant en a fait la douloureuse expérience après avoir entrepris une opération de cueillette de mangues sans autorisation préalable. Une initiative qui lui aura coûté, au passage, deux dents.

Cueillette sans permis : infraction fruitière ou erreur de jeunesse ?
Selon les faits désormais clarifiés, la victime s’était rendue dans une zone de Cité Rose pour cueillir des mangues. Petit détail omis : demander l’autorisation du propriétaire des lieux. Une formalité en apparence anodine… mais visiblement non négociable.
Car dans certaines zones, la mangue n’est pas qu’un fruit. C’est une propriété. Et parfois même, une ligne rouge.
Réaction musclée : quand la pédagogie prend des airs de projectile
Face à cette “cueillette non autorisée”, le présumé propriétaire — décrit comme un vieux natif de Hafia Timbobhé — aurait opté pour une méthode de dissuasion peu académique : le lancer de pierres.
Résultat immédiat : deux dents en moins pour l’étudiant et une affaire qui bascule du verger au registre judiciaire.
Une réaction que certains jugeront excessive, d’autres “traditionnelle”, mais qui, dans tous les cas, pose une question simple : depuis quand une mangue vaut-elle deux dents ?
Le rectorat entre en jeu : gestion de crise version universitaire
Alertées, les autorités universitaires n’ont pas tardé à réagir. Une réunion d’urgence a été convoquée avec le vice-recteur, le secrétaire général et les membres du rectorat.
À l’issue des échanges, une décision a été prise : remettre le présumé auteur aux autorités compétentes. Une manière de rappeler que, même en saison de mangues, certaines limites ne doivent pas être franchies.
Direction le commissariat : vers une régularisation… administrative et morale
Ce vendredi, une délégation du rectorat accompagnera le présumé coupable au commissariat central de Labé. Objectifs affichés : répondre de ses actes, prendre en charge les soins de l’étudiant, s’engager par écrit à éviter toute récidive
Autrement dit, transformer une affaire de mangues en dossier bien encadré, avec signature et, espérons-le, un peu de bon sens.
Entre droit de propriété et excès de réaction.
Au fond, cette affaire met en lumière deux réalités. D’un côté, le respect de la propriété privée, souvent négligé par les plus jeunes. De l’autre, des réactions parfois disproportionnées face à des infractions mineures.
Car si cueillir sans autorisation n’est pas acceptable, répondre par la violence ne l’est pas davantage.
Moralité : avant la mangue, demander la permission. À Labé, la leçon est désormais claire : avant de cueillir une mangue, mieux vaut demander la permission.
Et surtout, espérer que la réponse ne vienne pas… sous forme de projectile. Parce qu’au final, entre une mangue et deux dents, le calcul est vite fait. Et cette fois, il n’a clairement pas été en faveur de l’étudiant.
Par Idrissa Sampiring Diallo, chroniqueur des affaires sérieuses aux causes inattendues, pour Infosbruts.com











