Koundara, 30 avril (Infosbruts.com) – Il y a des décisions politiques qui éclairent, et d’autres qui… embrouillent. Celle annoncée le 28 avril par le FRONDEG semble appartenir à la seconde catégorie. En décidant, via les réseaux sociaux, de se retirer du processus électoral en cours, la direction nationale du parti pensait sans doute donner une orientation claire. C’était sans compter sur ses propres troupes à Koundara, visiblement engagées dans une toute autre dynamique. Car sur le terrain, l’histoire est légèrement différente. Très différente, même.

Une alliance… puis un retrait… puis un retour ?
Avant ce spectaculaire virage, des négociations avaient pourtant été menées avec le Mouvement pour le progrès de Koundara. Objectif : sceller une alliance électorale dans la circonscription. Résultat : Alimou Koundara Diallo est désigné candidat uninominal à la députation, avec en prime l’autorisation de constituer des listes pour les élections communales dans presque toute la préfecture. Sur sept communes, six sont couvertes. Une performance qui, en langage politique, s’appelle « être prêt ». Puis arrive la décision de retrait. Et là, surprise : personne à Koundara ne semble au courant. Ou, plus exactement, personne ne semble concerné.
Le boycott… sans boycotteurs
Sur le terrain, militants et candidats poursuivent leur campagne comme si de rien n’était. Mieux encore, ils appellent à voter. Une posture audacieuse, qui consiste à participer activement à une élection… que leur propre parti a décidé de boycotter.
« Refuser de voter, c’est laisser les autres décider à notre place », martèlent-ils. Un argument difficilement contestable — sauf, peut-être, par leur propre direction nationale.

Dialogue interne ou monologue national ?
Le 29 avril, une réunion est organisée avec le vice-président du parti, Moussa Baro. À l’issue des échanges, les têtes de liste locales réaffirment leur volonté de participer aux scrutins du 31 mai 2026. Un mémorandum est même remis, comme pour officialiser ce qui ressemble déjà à une petite révolution interne. On pourrait croire à un dialogue démocratique. D’autres y verront un léger problème de communication.
Une campagne bien vivante
Pendant ce temps, à Koundara, la « dynamique de victoire » suit son cours. Les électeurs, eux, semblent peu enclins à bouder un scrutin qui déterminera les responsables de leurs communes. Et les candidats, manifestement, n’ont pas prévu de ranger leurs affiches de sitôt.

Au final, une question demeure : le FRONDEG participe-t-il aux élections… ou non ? À Koundara, la réponse est claire. À la direction nationale, peut-être un peu moins.
Infosbruts.com continuera de suivre cette situation où, manifestement, même le boycott a décidé de faire campagne.
Par Idrissa Sampiring Diallo pour Infosbruts.com















