Guinée, 29 avril (Infosbruts.com) – Il fut un temps où appartenir à un parti politique signifiait suivre une ligne, une discipline, et parfois même une stratégie. Mais ça, c’était avant. Avant que le FRONDEG ne décide d’innover en inventant un nouveau concept politique révolutionnaire : le parti où chacun fait ce qu’il veut.

À quelques semaines des élections du 31 mai 2026, la formation de l’ancien ministre Abdoulaye Yéro Baldé offre au public un spectacle digne des meilleures comédies politiques. Une “fronde” interne ? Non. Une véritable foire d’empoigne démocratique, où les candidats, visiblement très attachés à leur liberté… et à leurs investissements personnels, ont décidé de poursuivre la course électorale, consigne officielle ou pas.
Quand la logique financière remplace la discipline politique
Le raisonnement des candidats est simple, limpide, presque imparable : “On a payé nos cautions nous-mêmes, on finance nos campagnes nous-mêmes… donc on continue nous-mêmes.”
Difficile de contester une telle démonstration d’autonomie. Au FRONDEG, la militance semble désormais fonctionner comme un abonnement sans engagement : chacun paie, mais personne n’écoute.
Avec 147 dossiers déposés, dont 120 validés, les candidats voient mal pourquoi ils devraient se retirer au nom d’une stratégie collective qui, à leurs yeux, ressemble surtout à un sacrifice inutile. Après tout, en politique comme dans la vie, quand on a déjà payé, autant consommer le service jusqu’au bout.
Justice de paix… et guerre interne
À Tougué, la situation a pris une tournure presque pédagogique : recalés ? Pas de problème. Un petit détour par la Justice de Paix, et hop, les listes sont réintégrées. Comme quoi, dans cette affaire, la justice fonctionne plus vite que la discipline partisane.
Pendant ce temps, à Labé, la liste de Kouramangui hésite, tergiverse, réfléchit… et rate le coche. Une belle illustration du proverbe revisité : qui hésite trop longtemps regarde les autres faire campagne.
Labé, dernier bastion du suspense
Ironie du sort, les seuls candidats encore fidèles — ou simplement indécis — à la ligne du parti se trouvent à Labé. Les deux têtes de liste locales semblent encore réfléchir à une question existentielle : obéir au parti ou suivre l’exemple des autres et foncer tête baissée dans la bataille électorale ? Le suspense est insoutenable. Ou presque.
Un parti, mille stratégies
Au final, le FRONDEG réussit un exploit rare : transformer une élection en expérimentation grandeur nature de la démocratie interne… sans coordination.
Certains y verront un désordre inquiétant. D’autres, une forme avancée de liberté politique. Mais une chose est sûre : dans cette campagne, le principal adversaire du FRONDEG pourrait bien être… le FRONDEG lui-même.
Et à ce rythme, il ne serait pas surprenant que, le jour du scrutin, chaque candidat se déclare vainqueur — indépendamment des résultats officiels.
Après tout, au FRONDEG, la cohérence est optionnelle. Mais la détermination, elle, est obligatoire.
Par Idrissa Sampiring Diallo pour Infosbruts.com














