Kankan, 28 janv (Infosbruts.com) – Le procès du directeur préfectoral de l’Habitat de Kankan, Monsieur Abdoulaye Diakité, s’est ouvert ce mercredi devant le tribunal de première instance de Kankan. Poursuivi pour stellionat, faux, usage de faux et complicité, dans une affaire liée à un terrain litigieux situé dans la commune urbaine de Kankan, le prévenu a bénéficié d’une mise en liberté provisoire à l’issue de l’audience.

Selon les informations recueillies, le dossier porte sur une parcelle objet de litige depuis 1968. Il est reproché à Abdoulaye Diakité d’avoir fait établir, en 2022, un nouveau plan de masse sur ce terrain, alors qu’un document similaire existerait depuis plusieurs décennies.
Des débats nourris à l’audience
Au cours de l’audience, le tribunal a procédé à la notification des préventions, avant d’entendre la version des faits du prévenu. Les débats ont opposé le ministère public à la défense autour de la matérialité des infractions et de l’intention criminelle reprochée au directeur préfectoral.
À la sortie de la salle d’audience, Maître Mohamed Doumbouya, avocat de la défense, a dénoncé ce qu’il qualifie d’« acharnement » contre son client.
« À la lumière des débats, nous nous sommes tous rendu compte qu’il s’agit d’un acharnement contre le directeur préfectoral de l’Habitat. Les faits qui lui sont reprochés ne lui sont pas imputables », a déclaré l’avocat.

Maitre Mohamed Doumbouya, avocat de la défense
Selon la défense, si un nouveau plan a effectivement été établi, rien ne prouve l’intention frauduleuse, élément essentiel pour caractériser l’infraction pénale.
« Le plan de 1968 n’est ni enregistré ni identifié dans les registres de l’Habitat. Sur la base d’un certificat de propriété délivré par l’autorité locale, mon client a agi dans le cadre de ses fonctions », a soutenu Maître Doumbouya.
Une qualification pénale contestée
L’avocat a également critiqué la position du ministère public, estimant qu’elle est juridiquement incohérente.
« On poursuit mon client à la fois comme auteur principal et comme complice, ce qui est inconcevable en droit. On ne peut pas être à la fois auteur et complice des mêmes faits », a-t-il martelé.
Se fondant sur les dispositions du Code de procédure pénale, la défense a sollicité la mise en liberté provisoire du prévenu, rappelant que la liberté est le principe et la détention l’exception. Une demande finalement accordée par le tribunal.
Un renvoi au 11 février 2026
Pour la défense, cette décision constitue un signal positif pour la suite de la procédure.
« Cette mise en liberté est un bon signe. Le tribunal a compris la légèreté des faits. Notre client va pouvoir reprendre son service et répondre sereinement aux exigences de la justice », a conclu Maître Mohamed Doumbouya.
L’affaire a été renvoyée au 11 février 2026 pour la poursuite des débats, conformément à l’accord entre le tribunal et les avocats de la défense.
De Kankan, Abdoulaye Kallo pour Infosbruts.com
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