Kankan, 26 janv. (Infosbruts.com) – Les audiences criminelles se poursuivent au Tribunal de première instance (TPI) de Kankan. Ce lundi, le dossier relatif au conflit domanial opposant les citoyens de la sous-préfecture de Gberedou Baranama à ceux du district de Sanana, tous situés dans la région administrative de Kankan, a été évoqué.

Survenus il y a environ un an et six mois, ces affrontements avaient entraîné un lourd bilan humain. Trois personnes avaient perdu la vie, dont une à Gberedou Baranama et deux à Sanana. Un enfant de moins de 18 ans avait également eu les deux mains coupées, tandis que plusieurs autres personnes avaient été grièvement blessées.
À l’issue des enquêtes judiciaires, douze (12) personnes avaient été interpellées. Lors de l’audience de ce jour, huit (08) accusés ont comparu devant le tribunal criminel du TPI de Kankan. Parmi eux, trois (03) accusés ont été entendus à la barre au cours de cette première journée de débats.
Peu après l’intervention du dernier accusé, aux environs de 17 heures, le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Kankan, Fodé Bintou Keita, s’est exprimé sur le déroulement de l’audience.
« Ce qu’il faut retenir de manière claire et non équivoque, c’est que les audiences criminelles ont débuté depuis la semaine passée. Concernant le dossier du jour, les prévenus sont poursuivis pour des faits de meurtres, menaces de mort, coups et blessures volontaires, ainsi que pour complicité. L’audience a effectivement commencé et trois accusés ont été entendus à la barre, à charge et à décharge. Toutes les parties ont été assistées conformément au Code de procédure pénale. Nous, parquet, sommes satisfaits de l’évolution des débats, du professionnalisme du siège, de la défense, de l’accusation et de la partie civile », a-t-il déclaré.

Fodé Bintou Keita, Procureur de la République Près le TPI de Kankan
Poursuivant son intervention, le procureur a souligné que le procès peut réserver des surprises.
« L’instruction définitive se fait à la barre. À ce stade, les débats sont en cours et le procès est l’occasion de toutes les surprises. Ce n’est pas le procureur de la République qui a décidé du renvoi de ces personnes devant la juridiction de jugement, mais le cabinet d’instruction, bien avant notre prise de fonction. Nous avons hérité de cette procédure et nous développons l’accusation. Le moment venu, il y aura les plaidoiries et les réquisitions. La défense a déjà commencé et si elle dispose d’éléments de nature à détruire les charges, elle en fera usage. De notre côté, la charge de la preuve incombe au ministère public. Le tribunal criminel, impartial, délibérera et rendra une décision conforme à la loi », a-t-il ajouté.
En conclusion, le procureur Fodé Bintou Keita a rappelé la gravité des faits reprochés et les peines encourues.
« Nous sommes en matière criminelle. Dans ce dossier précis, il y a eu la mort de trois personnes et un enfant mineur dont les deux mains ont été coupées. Les peines prévues par la loi varient de 10 à 30 ans de prison, voire la réclusion criminelle à perpétuité. Il y a une séparation claire entre les autorités de poursuite, d’instruction et de jugement. Nous poursuivons et requérons, et le tribunal rendra sa décision », a-t-il conclu.

Il convient de rappeler que cette première journée d’audience a mobilisé la présence de quatre avocats. Il s’agit de Maître Sékouba Soumaoro, Maître Ibrahima Kalil Kanté et Maître Moussa Kalil Condé, conseils de la partie civile, ainsi que Maître Mohamed II Kourouma, avocat de la défense.
De Kankan, Abdoulaye Kallo pour infosbruts.com
(00224) 620 99 61 39 / 611 95 94 69















