Guinée, 30 déc. (Infosbruts.com) – À 48 heures de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, le ministre guinéen de la Fonction publique, Faya François Bourouno, a signé un arrêté portant nomination de Directeurs et Directrices des Ressources humaines dans plusieurs départements ministériels. Une décision prise dans la plus grande discrétion et révélée au public après le scrutin, le 29 décembre 2025, au moment où l’arrêté a été ventilé dans les ministères concernés. Mais au-delà du timing jugé politiquement inopportun, le contenu même de l’arrêté soulève de sérieuses interrogations.
Des postes déclarés « vacants » sans explication
L’arrêté ministériel ne donne aucune indication sur les cadres précédemment en fonction, ni les motifs de leur remplacement.
Plus troublant encore, l’acte administratif ne mentionne ni les qualités, ni les titres, ni les références professionnelles des 34 nouveaux promus, contrairement aux usages en matière de nomination à des postes aussi sensibles dans l’administration publique.
Cette absence d’informations essentielles alimente les soupçons d’opacité administrative et d’un possible contournement des principes de transparence et de redevabilité.
Une pratique contraire aux usages administratifs
En droit administratif guinéen, le principe de continuité du service public autorise un ministre en fonction à procéder à des nominations, même à la veille d’un scrutin. Toutefois, cette compétence est strictement encadrée par l’obligation de neutralité de l’administration, particulièrement en période électorale.
Présenter des postes occupés comme vacants, sans préciser les remplacements effectués, peut être interprété comme une manœuvre administrative destinée à masquer des révocations, voire à éviter toute contestation immédiate.
Des juristes interrogés estiment qu’un tel procédé pourrait constituer : un défaut de motivation de l’acte administratif, un détournement de procédure, voire un abus de pouvoir, si l’objectif réel diffère de l’intérêt du service public.
Une décision politiquement sensible et juridiquement contestable
La nomination de responsables des ressources humaines, au cœur de l’appareil administratif de l’État, à un moment aussi critique du calendrier électoral, soulève de légitimes préoccupations. Ces postes, loin d’être neutres, jouent un rôle stratégique dans la gestion des carrières, des sanctions et des affectations au sein de l’administration.
Dans un contexte de transition politique achevée et de forte attente citoyenne en matière de gouvernance, cette décision apparaît comme un acte lourd, difficilement assimilable à une simple mesure de gestion courante.
En cas de preuve d’un objectif politique déguisé ou d’une urgence artificielle, l’arrêté pourrait faire l’objet d’un recours devant la Cour suprême, compétente en matière de contentieux administratif.
Transparence exigée
À ce stade, aucune communication officielle du ministère de la Fonction publique n’est venue expliquer : la vacance soudaine de ces postes, les critères de sélection des nouveaux promus, ni les raisons de l’urgence ayant motivé la signature de l’arrêté à la veille du scrutin présidentiel.
Pour de nombreux observateurs, le silence des autorités ne fait qu’accentuer le malaise. Dans une démocratie en construction, la légalité des actes ne saurait se substituer à l’exigence de transparence et de responsabilité.
Le ministre Faya François Bourouno est désormais attendu sur ces questions, afin de dissiper les doutes et de rassurer l’opinion publique sur le respect des principes républicains.
Par Idrissa Sampiring Diallo pour Infosbruts.com
Voici l’arrêté en question















