Labé, 16 juillet (Infosbruts.com) – La décision d’interdire à Elhadj Abdoul Hamid Baldé, chroniqueur islamique, tout accès à la mosquée de Hooré Hollandé, dans le quartier Companyah, continue de susciter des réactions au sein de l’opinion publique. Si cette mesure, prise à la suite d’un sermon controversé, semble reposer sur des bases solides, elle n’est pas exempte d’interrogations.

La sortie virale de l’intéressé, dans laquelle il qualifie les habitants de Labé de « traîtres », a provoqué une onde de choc. Tenue lors d’un prêche dans une mosquée, cette déclaration a été perçue comme une insulte non seulement à une ville, mais aussi à ses notables, à ses familles religieuses et à ses fidèles.
Une décision soutenue par plusieurs justifications
Plusieurs éléments renforcent la légitimité de cette décision :
1. La gravité des propos tenus : Dans un lieu de prière voué à l’unité et à la paix, accuser une population entière de trahison constitue un acte grave. Cela nuit à la cohésion sociale et religieuse dans un contexte déjà sensible.
2. L’absence de légitimité religieuse : Selon les autorités locales, Elhadj Abdoul Hamid Baldé n’est ni membre du conseil de la mosquée ni imam reconnu. Il intervenait de façon informelle, toléré par respect pour son défunt père, une figure religieuse respectée dans la région.
3. Une décision collective : La mesure d’interdiction n’émane pas d’un individu isolé. Elle a été prise lors d’une rencontre rassemblant plus de 70 participants, dont les représentants des fondations religieuses, les quatre grandes familles de Labé (Alloudjés), les autorités communales, les imams du quartier et les responsables des affaires religieuses à tous les niveaux.
4. Préserver l’ordre religieux : Pour de nombreux observateurs, cette réaction rapide vise à empêcher toute dérive, à rappeler les règles de prédication et à préserver l’intégrité des mosquées de la place.

Mais certaines réserves persistent…
Si la sanction paraît fondée, plusieurs voix appellent à une lecture plus nuancée :
1. Un bannissement social ? : L’expression du Secrétaire préfectoral des Affaires religieuses, affirmant qu’Elhadj Abdoul Hamid Baldé est désormais « sanctionné par tout Labé », peut paraître excessive pour certains. Ils craignent une forme de marginalisation qui dépasse le cadre strictement religieux.
2. Et la voie du pardon ? : La question de la repentance n’est pas abordée de manière concrète. Or, en islam comme dans d’autres traditions, la possibilité de se racheter est un principe fondamental. Faudrait-il laisser une porte ouverte à la réintégration ?
3. Pression des réseaux sociaux : La diffusion virale de l’extrait du sermon a largement contribué à l’indignation publique. Certains s’interrogent sur l’influence croissante des réseaux sociaux dans les décisions institutionnelles ou religieuses, parfois au détriment du recul et de l’écoute.
Vers une gestion plus encadrée des interventions religieuses ?
Ce cas met en lumière la nécessité, pour les mosquées et les responsables religieux, de clarifier les rôles, d’encadrer les interventions et d’éviter les improvisations dans les prêches. Il rappelle aussi que le prestige familial ou l’apparence de connaissance ne peuvent à eux seuls justifier une tribune dans un lieu sacré.
Par Idrissa Sampiring Diallo pour Infosbruts.com















