Kaloum, 24 nov. (Infosbruts.com) – Ce lundi 24 novembre 2025, une vive tension a animé la cour du siège de la Société des Eaux de Guinée (SEG), à Kaloum. Les travailleurs, mobilisés en grand nombre, ont observé un arrêt général des activités pour exiger une revalorisation de leurs salaires et dénoncer ce qu’ils qualifient d’« injustice » au sein de l’entreprise.

Selon Mamadouba Camara, porte-parole du mouvement, la colère des employés est alimentée par une décision jugée discriminatoire datant de plus de deux ans.
« Sur plus de 680 travailleurs, seuls 22 ont bénéficié d’une augmentation de salaire. C’est pourquoi nous avons décidé de venir nous faire entendre. Cette injustice doit cesser », a-t-il déclaré avec consternation.
Les grévistes affirment qu’ils ne reprendront pas le travail tant que leurs revendications ne seront pas satisfaites.
« Nous travaillons sous le soleil, sous la pluie, sur le terrain. S’il y a une augmentation, elle doit commencer par nous. La grève continue jusqu’à nouvel ordre », insiste Mamadouba Camara.

L’intervention du ministre de l’Hydraulique
Informé de la situation, le ministre de l’Hydraulique, Aboubacar Camara, s’est rendu sur les lieux pour rencontrer les manifestants et tenter d’apaiser les tensions. Il a aussitôt convié dix représentants du mouvement, ainsi que la direction générale, à se présenter au ministère pour ouvrir les discussions.
Le ministre a souligné plusieurs irrégularités constatées dans les démarches ayant précédé la grève.
« Nous avons reçu un document déposé par une personne anonyme. Dans l’administration, il faut savoir qui écrit. Le courrier portait une signature, mais ne permettait pas d’identifier le mouvement. C’est pourquoi nous avons invité les représentants à venir clarifier la situation », a-t-il expliqué.
Un syndicat au mandat expiré depuis deux ans
Aboubacar Camara a également pointé du doigt la situation syndicale au sein de la SEG, qu’il décrit comme un frein majeur au dialogue social.
« Lorsque je suis arrivé ici, j’ai trouvé un syndicat dont le mandat était échu depuis deux ans. Ce syndicat aurait dû jouer son rôle pour rapprocher la direction et les travailleurs. Puisque certains estiment que leur mandat est terminé, nous vous donnons deux semaines pour organiser des élections et mettre en place un nouveau bureau », a-t-il annoncé.
Le ministre a cependant rassuré les travailleurs de sa volonté de poursuivre les discussions en vue d’une issue durable.
Vers une sortie de crise ?
En attendant la suite des négociations, les activités de la SEG restent fortement perturbées, et les travailleurs campent sur leur position. Les prochains jours seront décisifs pour déterminer l’évolution de ce bras de fer entre le personnel et la direction, sous la médiation du ministère.
Affaire à suivre…
Par Idrissa Sampiring Diallo pour Infosbruts.com















