Kankan, 21 Janv (Infosbruts.com) – Les audiences criminelles du Tribunal de première instance (TPI) de Kankan, exceptionnellement délocalisées à la Cour d’appel, ont été officiellement ouvertes ce mardi 20 janvier 2026, en présence des autorités administratives et judiciaires, des leaders religieux ainsi que de nombreux citoyens.

Cette session criminelle marque une étape importante dans la lutte contre l’insécurité et la criminalité grave dans la région. À la faveur de la cérémonie d’ouverture, le Procureur général près la Cour d’appel de Kankan, Marwane Baldé, a expliqué les motivations de cette initiative judiciaire.
Selon lui, les dossiers inscrits au rôle concernent des faits d’une extrême gravité, notamment des assassinats, meurtres et viols, qualifiés d’infractions criminelles par la loi pénale.

Marwane Baldé, procureur général près la cour d’appel de kankan
« En ma qualité de procureur général, j’ai donné des instructions fermes au niveau des réquisitions. Il n’y aura aucune tolérance. Pour les faits criminels commis à Kankan, j’ai demandé que le maximum de peine soit requis lorsque les faits sont établis », a-t-il déclaré, rappelant que la mission première de la justice est de protéger les citoyens et de créer un climat favorable aux investissements en Guinée.
Prenant la parole à son tour, le Procureur de la République près le TPI de Kankan, Fodé Bintou Keita, a rassuré que toutes les personnes régulièrement renvoyées devant la juridiction seront jugées dans le strict respect de la loi, notamment du principe de la présomption d’innocence.

Fodé Bintou Keita, procureur de la République près tribunal de première instance de kankan
Il a précisé que les prévenus sont poursuivis pour des faits tels que des vols à main armée, viols, complicités et meurtres, certains dossiers étant liés à des affrontements inter-villageois ayant entraîné des amputations.
« Notre objectif fondamental est de lutter contre la criminalité organisée. Les dossiers seront examinés avec rigueur et professionnalisme. Ceux qui seront reconnus coupables répondront de leurs actes conformément à la loi, et ceux contre lesquels il n’y a pas de preuves suffisantes seront relaxés », a-t-il souligné.

Du côté des familles de victimes, l’ouverture de ces audiences suscite beaucoup d’espoir. Mohamed Camara, parent d’une victime de viol, a salué la tenue des audiences tout en appelant la justice à la fermeté.
« Ma fille a été victime de viol à l’école primaire de Dar Salam. Je demande à la justice de prendre des mesures exemplaires pour que de tels actes ne se répètent plus », a-t-il lancé.

Mahamed Camara, parent d’une victime de viol
Même attente chez Mamadi Doura Traoré, oncle d’une autre victime : « Nous voulons une vérité digne de ce nom et que justice soit rendue. Cela permettra de rétablir les droits de la victime et de préserver la paix sociale », a-t-il déclaré.
Pour l’année 2025, huit dossiers criminels, portant sur des faits particulièrement graves, ont été inscrits au rôle de ces audiences.

Mamadi Doura Traoré, oncle d’une autre victime
À travers cette session criminelle, les autorités judiciaires entendent envoyer un signal fort : celui de la tolérance zéro face aux crimes et de l’engagement de la justice à garantir la sécurité et la quiétude des citoyens.
De Kankan, Abdoulaye Kallo pour Infosbruts.com















