Boké, 20 déc. (Infosbruts.com) — Une avancée majeure vient d’être enregistrée dans la lutte contre les pratiques néfastes en Guinée. Les communautés de dix (10) collectivités de la région administrative de Boké ont officiellement décidé d’abandonner la pratique des mutilations génitales féminines (MGF), dans le cadre de la protection de la santé et des droits de la jeune fille.

Cette décision historique a été rendue publique à travers des cérémonies de déclarations officielles organisées en présence des autorités locales, des leaders communautaires et des représentants de l’ONG APRODEJ, structure partenaire du Ministère de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables (MPFE-PV).
Les collectivités concernées sont les communes rurales de Tormelin et Banguigny (préfecture de Fria), Kamaby et Sambailo (Koundara), Lisso et Colia (Boffa), Kounsitel et Gaoual-Centre (Gaoual), ainsi que Bintimodia et Kolaboui-Centre (Kolaboui), toutes relevant de la région administrative de Boké.
Une campagne de sensibilisation soutenue par l’UNICEF
Ces engagements font suite à une vaste campagne d’information et de sensibilisation menée du 4 au 18 décembre 2025 par l’ONG APRODEJ, en collaboration avec l’inspection régionale de la promotion féminine, de l’enfance et des personnes vulnérables. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Contribuer à l’abandon des pratiques de mutilations génitales féminines (MGF) », avec l’appui technique et financier de l’UNICEF-Guinée.
L’objectif principal était d’amener les communautés à rompre définitivement avec les MGF et les mariages d’enfants, en mettant en lumière les conséquences sanitaires, sociales et psychologiques de ces pratiques.
Une mobilisation communautaire exemplaire
Les cérémonies officielles ont été présidées par les autorités régionales et préfectorales, avec une participation active des communautés locales : femmes, jeunes, sages-femmes, leaders communautaires, structures de protection de l’enfance et agents du CNP.
Elles ont également été marquées par des prestations artistiques — poésies, théâtres et sketches — animées par de jeunes filles leaders, témoignant de leur engagement et de leur détermination à jouer un rôle central dans la lutte contre les pratiques néfastes.

Le président de l’ONG APRODEJ, M. Sidi Barry, a exprimé sa gratitude aux autorités et aux populations de la région de Boké pour leur forte mobilisation et leur engagement à rompre avec les pratiques du passé, notamment les MGF sous toutes leurs formes.
Des paroles fortes, des engagements fermes
Au nom des femmes de la commune rurale de Bintimodia, Mme Maïmouna Sylla a réaffirmé la volonté collective d’abandonner définitivement l’excision, déclarant de manière symbolique : « Les femmes de Bintimodia ont déposé les couteaux. »
De son côté, Mme Aissatou Sanden, de Kolaboui, a appelé à une prise de conscience collective sur les dangers sanitaires et sociaux liés aux mutilations génitales féminines et aux mariages précoces.
Les cérémonies ont été clôturées par la signature d’engagements officiels entre les autorités communales, sous-préfectorales et préfectorales, consacrant la volonté collective d’abandonner définitivement les MGF et le mariage des enfants dans les localités concernées.
Vers une protection durable des filles
À travers ces déclarations, les communautés se sont engagées à soutenir toutes les initiatives en faveur de la protection de l’enfant, à assurer la protection totale des filles non excisées et non mariées, à signaler toute tentative d’excision ou de mariage précoce à travers des mécanismes de surveillance communautaire, à lutter contre la médicalisation de l’excision, à promouvoir l’enregistrement à l’état civil, la scolarisation et la vaccination des enfants, en particulier des filles, et à intégrer la protection de l’enfant dans les Programmes Annuels d’Investissement des collectivités locales.
Ces engagements communautaires marquent une étape décisive vers l’élimination des pratiques néfastes et la promotion des droits des enfants dans la région administrative de Boké.
Par Mamadouba Camara pour Infosbruts.com















