Labé, 10 déc. (Infosbruts.com) – La cérémonie de passation de service entre le gouverneur sortant, Colonel Robert Soumah, et le nouveau gouverneur de Labé, Général Boundouka Condé, a été marquée par un moment fort : le témoignage empreint d’émotion et de sagesse de l’ancien préfet de Labé, Elhadj Safioulahi Bah. Dans un long discours, il a salué l’action du gouverneur sortant, rappelé les valeurs fondatrices de la cité de Karamoko Alpha et formulé des conseils essentiels à l’endroit du nouvel administrateur régional.

“C’est le cœur serré que nous parlons aujourd’hui”
Dès l’ouverture de son intervention, Elhadj Safioulahi Bah a confié l’émotion collective qui accompagnait le départ de Robert Soumah, qu’il décrit comme un gouverneur exemplaire : “Ce n’est pas avec plaisir que nous souhaitons qu’il parte. C’est le cœur serré que nous prenons la parole.”
Il a rendu hommage à son sens du service public, à son humilité et à l’éducation dont il a bénéficié : “Arrivé à Labé, il s’est mis à la disposition de Labé. Il a servi Labé.”
Elhadj Safioulahi Bah a insisté sur le climat de stabilité instauré sous son magistère : aucun coup de feu tiré en quatre ans, aucune arrestation arbitraire, une administration à l’écoute des populations.
Il a également prié pour que Dieu “récompense” l’ex-gouverneur pour son engagement et son intégrité.

“Le gouverneur sortant a mis la barre très haut”
S’adressant au nouveau gouverneur, le Général Boundouka Condé, l’ancien préfet a rappelé que Labé est une région historiquement exigeante, mais profondément accueillante.
Il a remercié le président de la délégation spéciale, Aziz Diop, pour avoir supervisé la passation de service, estimant qu’il incarne la compréhension profonde du rôle d’un administrateur territorial :
“Être à l’écoute des administrés, remonter leur volonté aux autorités, exécuter avec intelligence les instructions données.”
Selon lui, Robert Soumah a parfaitement incarné ces valeurs, laissant derrière lui une administration apaisée et une population reconnaissante.
Labé, cité d’hospitalité : une intégration immédiate pour le nouveau gouverneur
L’ancien préfet a rappelé les fondements de la cohésion sociale de Labé, hérités de Karamoko Alpha et de ses contemporains, qui ont structuré la ville en quatre grandes familles appelées Alloudjé.
Il a affirmé que le nouveau gouverneur est déjà considéré comme un fils de Labé : “Vous êtes déjà membre de la famille de Labé. S’il y a quelque chose à partager ici, vous aurez votre part.”
Il a illustré l’hospitalité légendaire de la ville par une anecdote : un ministre, venu pour un séjour d’une heure, avait finalement passé la nuit à Labé, séduit par l’accueil et la quiétude de la population.
Un message de sagesse : justice, sécurité et partage équitable
Elhadj Safioulahi Bah a partagé un extrait d’une lettre écrite en 1916 par Tierno Ali Oubadien au gouverneur général de l’AOF, décrivant les conditions pour qu’un chef soit aimé de son peuple.
Il a appelé le nouveau gouverneur à s’inspirer de ces trois “invariants universels” : Justice : protéger le plus faible face au plus fort. Sécurité : garantir la liberté et la tranquillité, en particulier pour les femmes. Partage équitable des richesses : transformer les ressources nationales en écoles, hôpitaux, routes, et mieux rémunérer les enseignants. Il a salué la vision du Président Mamadi Doumbouya, notamment à travers le “ciment doux” et la valorisation de la bauxite.
“Ne cédez pas aux jugements hâtifs”
L’ancien préfet a mis en garde contre les préjugés qui entourent parfois la région : “Ceux qui arrivent à Labé arrivent très souvent avec des préjugés.”
Il a recommandé au nouveau gouverneur de : ne pas se laisser influencer par les rumeurs, éviter les décisions hâtives, écouter toutes les parties avant d’agir.
“Personne n’est parfait. Si vous ne pouvez pas confronter une information, ne décidez pas à la hâte.”

“Nous prierons pour vous, comme nous avons prié pour Robert Soumah”
Elhadj Safioulahi Bah a rappelé que Labé reste une ville de prières et de bénédictions, reconnue pour son soutien au Chef de l’État. Il a assuré au nouveau gouverneur le soutien total des sages, notables, imams et leaders communautaires.
Il a aussi demandé que les cadres de l’administration territoriale — souvent colonels restés au même grade — bénéficient davantage de promotions en reconnaissance de leur loyauté : “Ce sont des militaires en mission de la République. Qu’on ne les oublie pas dans les différents grades.”
Un discours long, profond, et porteur d’espoir
En conclusion, l’ancien préfet a insisté sur la responsabilité morale du gouverneur entrant :
“Entre les deux dates — votre arrivée et votre départ — nous prions Dieu qu’Il vous assiste pour qu’il n’y ait pas d’imperfection.”
Il a réaffirmé que la réussite du gouverneur sera celle de toute la région et a renouvelé l’engagement des autorités locales à l’accompagner.
Avec Binta Sampiring Diallo pour Infosbruts.com















