Labé, 2 déc (Infosbruts.com) — Ce mardi, la quasi-totalité des établissements scolaires de la ville restent fermés, après qu’une vague de perturbations a secoué le secteur de l’enseignement. Selon les informations collectées sur le terrain, tout serait parti du Lycée Hoggo M’Bouro.

En réaction à un appel à la grève lancé par certains syndicats d’enseignants, les professeurs de ce lycée n’auraient pas pris service. Les lycéens, estimant l’établissement en défaut, se seraient alors rués dans la rue, puis seraient allés « chasser » les collégiens fréquentant le même complexe scolaire.
En réponse, ces collégiens ont perturbé à leur tour les cours dans d’autres établissements. Le mouvement s’est propagé rapidement : des élèves de plusieurs écoles ouvertes ont interrompu les cours, avant de se rendre à leur tour dans d’autres établissements pour semer le désordre. Au final, des écoles à travers toute la commune urbaine ont été contraintes de suspendre les cours. Des groupes d’élèves sillonnaient encore la ville au moment où nous mettions cette dépêche en ligne, cherchant à perturber les établissements restés ouverts.
La genèse de ce chaos semble liée au contexte national : l’Intersyndicale de l’Éducation, regroupant notamment FSPE et SNE, a déposé un préavis de grève le 5 novembre 2025, exigeant l’adoption d’un « statut particulier » pour les enseignants ainsi que la prise en compte d’un mémorandum déposé le 1er septembre 2025. Après l’échec des négociations avec le gouvernement, l’intersyndicale a menacé de déclencher une grève générale et illimitée à compter du 1er décembre 2025.
Cependant, ce mot d’ordre ne fait pas l’unanimité. Le SLECG s’est désolidarisé du mouvement, estimant que l’avis de grève n’a pas été établi avec sa participation. Malgré cette division syndicale, la grève a été largement suivie dans certaines localités, notamment à Mamou.
A Labé, l’absence des enseignants dans un établissement public, combinée à l’activisme des élèves, a entraîné une propagation incontrôlable de la perturbation. Ce matin, face à l’ampleur de la situation, le Gouverneur, l’Inspecteur régional de l’Éducation, le DPE et plusieurs chefs d’établissements se sont réunis en urgence à la Direction régionale du Plan pour examiner les événements et envisager des mesures de stabilisation.
Les conséquences restent lourdes pour l’année scolaire : la quasi-totalité des écoles sont fermées, dans un climat de forte inquiétude pour les élèves, les parents et les autorités éducatives.
Nous suivons la situation de près. Nous y reviendrons.
Chérif Sampiring Diallo pour infosBruts.com
« Le récit des faits, l’écho du terrain. »















