Guinée, 13 nov. (Infosbruts.com) – La Cour suprême de Guinée a rejeté la candidature de Diallo Amadou Thyndel à l’élection présidentielle prévue en décembre 2025, provoquant une vague de réactions au sein de la jeunesse guinéenne et de la classe politique. Le jeune candidat, désormais écarté de la course, a publié une déclaration au ton ferme et indigné, dénonçant ce qu’il qualifie d’« injustice historique » contre la jeunesse du pays.
Un rejet qui soulève des questions de fond
Selon la décision de la Cour suprême, le dossier de candidature de M. Thyndel ne remplit pas les conditions d’éligibilité fixées par la Constitution et le Code électoral, qui exigent respectivement un âge minimum de 40 ans et de 44 ans pour se présenter à la magistrature suprême.
Mais pour le principal concerné, cette disposition traduit une volonté politique d’exclure la jeunesse des plus hautes responsabilités.
» Comment comprendre qu’en un siècle où le monde voit émerger une nouvelle génération de dirigeants jeunes, dynamiques et visionnaires, notre pays choisisse d’exclure délibérément sa jeunesse ? » s’interroge le candidat recalé dans sa déclaration.
Une décision perçue comme un verrou générationnel
Pour de nombreux observateurs, cette affaire révèle une fracture grandissante entre une classe politique vieillissante et une jeunesse de plus en plus impatiente d’accéder aux sphères décisionnelles.
Dans les rues de Conakry comme sur les réseaux sociaux, plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer un système électoral verrouillé, où la transmission du pouvoir demeure un concept plus qu’une réalité.
« C’est une claque à la jeunesse guinéenne, » commente un militant de l’opposition radicale dans les rues de Labé. « On nous dit d’étudier, de travailler, de rêver, mais quand vient le moment d’agir, on nous ferme la porte. »
Un appel à la mobilisation pacifique
Dans sa déclaration, Diallo Amadou Thyndel a annoncé son intention de lancer de larges consultations nationales avec la société civile, les mouvements de jeunesse et la diaspora afin de « déterminer la voie à suivre ».
« Ce qui se joue ici dépasse ma seule personne. C’est le combat de toute une génération qu’on cherche à faire taire. Mais nous refusons de nous taire, » a-t-il martelé.
Le candidat rejette toute idée de repli et affirme vouloir poursuivre son engagement pour une Guinée « juste, inclusive et tournée vers l’avenir ».
Entre droit et légitimité : la Cour interpellée
Si la Cour suprême a « dit le droit », selon les termes mêmes du candidat, celui-ci estime que le droit ne saurait être juste que s’il est équitable et orienté vers l’avenir. Cette contestation relance un vieux débat sur la place du juge constitutionnel dans la consolidation de la démocratie : doit-il se limiter à l’application stricte des textes, ou jouer un rôle plus dynamique dans l’adaptation du droit aux réalités sociales ?
Un signal d’alarme pour la classe politique
Au-delà de l’émotion suscitée, l’épisode Thyndel met en lumière une inquiétude plus profonde : celle d’une jeunesse dépolitisée par exclusion, mais réveillée par frustration. Le rejet d’un candidat jeune et populaire pourrait paradoxalement renforcer son capital politique à moyen terme.
Car, comme le souligne un analyste politique contacté par InfosBruts, « On peut refuser une candidature, mais on ne peut pas annuler une idée. Et l’idée d’une alternance générationnelle est déjà en marche. »
Un tournant symbolique pour la Guinée
En clôturant sa déclaration par un triple appel — à la République, à la jeunesse et à l’unité nationale —, Amadou Thyndel place son combat au-delà du simple cadre électoral. Il veut faire de ce rejet un symbole de résistance pacifique et d’éveil citoyen.
« La Guinée ne se construira pas sur l’exclusion, mais sur la justice, la vérité et l’unité nationale. Et cette Guinée-là, nous la bâtirons, avec ou sans la bénédiction de ceux qui craignent la jeunesse. »
Par Idrissa Sampiring Diallo pour Infosbruts.com















