Conakry, 30 déc. (Infosbruts.com) – Le Front Démocratique de Guinée (FRONDEG) a rendu publique, ce lundi 29 décembre 2025 à Conakry, une déclaration relative aux irrégularités constatées lors du scrutin présidentiel du 28 décembre dernier. Tout en saluant la forte mobilisation des électeurs, le parti d’opposition affirme que le processus électoral a été entaché de manquements graves, susceptibles de remettre en cause la sincérité du vote.

Dans sa déclaration, le FRONDEG félicite d’abord le peuple de Guinée pour sa maturité, son civisme et son sens élevé de responsabilité. Le parti souligne que, malgré un contexte politique et social exigeant, les Guinéennes et Guinéens se sont massivement rendus aux urnes, démontrant leur attachement aux idéaux démocratiques, à l’alternance et à la construction d’un véritable État de droit.
Cependant, le FRONDEG affirme avoir documenté plusieurs irrégularités majeures, aussi bien durant le déroulement du scrutin que lors de la centralisation des résultats.
Entraves à l’observation électorale
Le parti dénonce en premier lieu l’entrave à la mission d’observation de ses représentants. Selon le FRONDEG, ses délégués ont été empêchés d’accéder aux Commissions Administratives de Centralisation des Votes (CACV), en violation de l’article 105 du Code électoral, qui autorise la participation des représentants des candidats à la centralisation des votes en qualité d’observateurs.
Le FRONDEG rejette l’argumentation de la Direction Générale des Élections (DGE), fondée sur l’article 103 du Code électoral, estimant qu’il s’agit d’une interprétation « restrictive et abusive » de la loi, ne pouvant justifier l’exclusion de ses représentants.
Anomalies signalées dans plusieurs localités
Le parti rapporte également de nombreuses irrégularités constatées dans les bureaux de vote à travers le pays. À Fria, le secrétaire fédéral du FRONDEG aurait été arrêté à son domicile dès les premières heures du scrutin, empêchant le parti d’exercer son droit de contrôle. À Tougué, des autorités locales, notamment des sous-préfets et des maires, sont accusées d’avoir influencé les électeurs.
À Fatako, une déléguée du FRONDEG aurait été arbitrairement écartée par les autorités administratives locales, tandis qu’à Kérouané, des cas de substitution de procès-verbaux auraient été constatés. À Kissosso (Conakry), le déplacement d’un bureau de vote sans préavis vers Enco 5 aurait semé la confusion parmi les électeurs.
Le FRONDEG affirme par ailleurs avoir relevé des incohérences sur plusieurs procès-verbaux, notamment des cas où le nombre de votants dépasserait celui des inscrits, ainsi que des dépassements du seuil de votes par dérogation. Des accusations de bourrage d’urnes en faveur de la GMD sont également évoquées à Kissidougou, Faranah et dans certaines représentations diplomatiques.
Dénonciation d’un traitement inégal
Le parti déplore enfin une inégalité flagrante entre les formations politiques en compétition. Selon le FRONDEG, alors que ses représentants étaient empêchés d’accéder à certains bureaux de vote, la GMD aurait bénéficié d’un traitement de faveur, avec la présence de plusieurs délégués et superviseurs par bureau, dont certains militaires en civil, en violation du principe de neutralité des forces de défense et de sécurité.
Face à l’ensemble de ces faits, le FRONDEG exige que toute la lumière soit faite sur ces violations qu’il qualifie de graves. Le parti annonce se réserver le droit d’emprunter toutes les voies légales et institutionnelles afin de défendre la vérité des urnes et la volonté souveraine du peuple guinéen.
Le FRONDEG et ses alliés réaffirment, par ailleurs, leur engagement en faveur d’une Guinée démocratique, juste et respectueuse des droits politiques de tous les citoyens.
Par Idrissa Sampiring Diallo pour Infosbruts.com















