Labé, 20 nov. (Infosbruts.com) – Depuis quelques jours, une étrange chorale s’est levée dans la République. Une chorale qui chante faux, qui hurle même, à propos du directoire de campagne. On croyait assister à un débat politique normal ; on se retrouve devant un concours de gymnastique où certains s’agitent comme si la démocratie se jugeait au nombre de cabrioles qu’ils exécutent devant les caméras.

Et tous ont le même refrain : « Nous aimons le Président ! Nous le soutenons ! Mais nous voulons choisir à sa place ceux qui dirigeront sa campagne. »
Ah, l’amour… Cette grande arnaque politique.
Car si c’est ça aimer, alors les ennemis n’ont plus besoin de se fatiguer. On dirait même que certains ont ressorti leurs uniformes de « saboteurs de service » soigneusement rangés depuis les précédentes républiques. Camouflés sous des paroles doucereuses, ils tentent de transformer un simple choix stratégique du Président de la République, Mamady Doumbouya, en une affaire d’État.
Soyons sérieux.
Depuis quand un candidat n’aurait-il plus le droit souverain de choisir son équipe de campagne ? Depuis quand la politique se décide au coin des causeries de salon, entre deux soupirs de dépit et trois calculs d’ambitions contrariées ?
Pendant que certains imaginent des complots plus gros qu’un camion de riz, la réalité est beaucoup plus simple :
on ne conteste le choix du candidat que lorsqu’on rêve soi-même d’être candidat.
C’est humain… mais ce n’est pas républicain.
Si ces chevaliers de l’hypocrisie étaient vraiment animés par le respect et la loyauté qu’ils invoquent à longueur de micro, ils sauraient une chose :
on ne sabote pas une campagne présidentielle sous prétexte qu’on n’a pas été placé au bon étage de l’ascenseur politique.
Le rôle d’un allié, d’un vrai, n’est pas de crier, de pleurnicher, de multiplier les petites manœuvres pour troubler les eaux.
Le rôle d’un allié, c’est de se mettre en ordre de bataille. De s’aligner dignement. D’accompagner. De soutenir.
Mais hélas, chez nous, certains préfèrent être les premiers dans la pagaille plutôt que les seconds dans la discipline. Ils veulent « aider » le Président… mais uniquement si l’aide passe par eux, leur réseau, leur chaise, leurs ambitions.
Le reste, c’est automatiquement qualifié de trahison.
La vérité, c’est que ceux qui prétendent protéger le Président tout en contestant chacune de ses décisions sont les véritables pyromanes. Les ennemis camouflés. Ceux qui allument des feux dans le grenier et crient ensuite « Au secours ! Ça brûle ! » pour être vus en premiers sur la scène.
Ils croient jouer les stratèges.
Ils ne sont que des figurants dans une pièce qu’ils ne comprennent pas.
A un moment, il faut le dire clairement : le choix du directoire de campagne appartient au Président, et à lui seul. Point final. Pas virgule, pas astérisque, pas note de bas de page.
Alors que chacun prenne ses responsabilités :
Se placer derrière le choix présidentiel, ou avouer franchement qu’il ne s’agit pas de loyauté… mais d’appétit.
Dans cette campagne, il n’y aura pas de place pour ceux qui marchent en avant et complotent en arrière. Pas de place pour les soldats du désordre. Pas de place pour les stratèges de l’ombre qui confondent engagement et nombrilisme.
La Guinée mérite mieux que ces contorsions.
Le Président mérite mieux que ces amitiés toxiques.
Et la campagne mérite mieux que ces faux amoureux qui veulent conduire le véhicule sans détenir le permis.
A bon entendeur…















