Guinée, 22 août (Infosbruts.com) – Il y a, en Guinée, une étrange caste d’ « experts » autoproclamés. Leur scène favorite ? Les tribunes des journaux et les réseaux sociaux. Leur obsession ? Démontrer, plume vengeresse à l’appui, que le projet de nouvelle Constitution serait une imposture. Leur méthode ? L’amalgame, le soupçon permanent, la critique pavlovienne. Leur objectif ? Certainement pas d’amender, encore moins de proposer. Non, ce qu’ils visent, c’est plus trivial : saboter, faire du bruit, occuper l’espace médiatique.
Car enfin, s’ils étaient sincères, pourquoi ne pas s’adresser directement au CNT, institution pourtant ouverte aux contributions et mandatée pour examiner le texte ? Pourquoi préférer l’estrade des buzz médiatiques à la rigueur des discussions institutionnelles ? La réponse est limpide : il ne s’agit pas de bâtir, mais de nuire. Pas de peser, mais de cogner. Pas d’améliorer, mais de délégitimer.
La ficelle est grosse. Ces critiques se veulent savantes, mais elles révèlent surtout une incapacité chronique à se départir des calculs politiciens. Ils le disent eux-mêmes à demi-mot : il ne s’agit pas de texte, il s’agit de coup. Un coup politique, une égratignure symbolique, un sabotage symbolique. Mais à ce jeu-là, qu’ils le sachent, les répliques seront implacables. Car dans la bataille des idées, la mauvaise foi finit toujours par se retourner contre ses auteurs.
Il suffit d’ailleurs d’ouvrir ce projet de Constitution avec un minimum de bonne foi, exercice que beaucoup de ces procureurs médiatiques n’ont manifestement pas daigné accomplir, pour constater son ambition : doter la Guinée d’un socle institutionnel solide, tirer les leçons des errements passés, et donner au pays les clefs d’une stabilité durable. On peut débattre d’articles précis, discuter des choix, proposer des ajustements. Mais on ne peut pas, décemment, réduire l’ensemble à une caricature.
A moins, bien sûr, de considérer que la caricature est l’unique carburant de sa carrière d’ « expert ».
Car au fond, derrière l’agitation et les postures, une vérité s’impose : ce projet n’est pas celui qui fera mal, mais bien celui qui fait peur à ceux dont la rente de contestation dépend du désordre. Le paradoxe est cruel mais implacable : en voulant décrédibiliser le texte, ce sont ces pseudo-experts eux-mêmes qui se démasquent.
En Guinée, comme ailleurs, les grandes réformes ne se mesurent pas au bruit qu’elles suscitent mais à la profondeur qu’elles installent. A lire les cris d’orfraie de nos apprentis Cassandre, une conclusion s’impose : le projet de Constitution est sur la bonne voie.
Chérif Sampiring Diallo Éditorialiste InfosBruts.com
« Une plume au service de la Guinée «