Guinée, 26 août (Infosbruts.com) – En Guinée, chaque suspension de partis politiques soulève des cris. Les uns dénoncent une dérive autoritaire, les autres une restriction des libertés. Mais il faut dire les choses simplement : aucun État ne peut durer s’il tolère que des partis se placent au-dessus de la loi, défient ses institutions ou menacent son unité.
L’histoire récente l’illustre. En France, pays qui reste une référence démocratique, des organisations ont été dissoutes au nom de la République. Dans les années 1930, l’Action française, mouvement monarchiste, fut interdite après les émeutes de 1934. Plus près de nous, en 2021, le groupe Génération Identitaire a été dissous pour sa propagande raciste et ses actions paramilitaires. En 2023, c’est Civitas, formation prônant un ordre théocratique et appelant à la haine, qui a disparu, au nom des valeurs républicaines.
En Espagne, des partis liés à l’ETA ont été dissous pour leur soutien à la violence. En Turquie, la Cour constitutionnelle a interdit plusieurs formations jugées séparatistes. En Allemagne, tout parti qui s’attaque à l’ordre démocratique peut être interdit : plusieurs groupuscules néonazis l’ont appris à leurs dépens.
Ces exemples disent une vérité : la démocratie n’est pas un laissez-faire. Elle repose sur un socle. Ceux qui le minent, par la haine, la violence ou le séparatisme, perdent leur légitimité. L’État, dans ce cas, a non seulement le droit mais le devoir de les dissoudre.
La Guinée n’échappe pas à cette logique. Certains partis s’y comportent comme des royaumes privés. Ils refusent toute régulation. Ils préfèrent la rue aux urnes. Ils confondent opposition et insurrection. La transition actuelle doit y mettre un terme. Elle doit rappeler que l’accès au pouvoir passe par les institutions, non par l’anarchie.
Suspendre ou dissoudre un parti qui met en danger la stabilité nationale n’est pas une faiblesse. C’est un signe de maturité républicaine. Sans État fort, il n’y a pas de démocratie. Sans ordre, il n’y a pas de liberté.
La Guinée a une occasion rare. Sa transition doit être ferme et pédagogique. Elle peut assainir le jeu politique. Elle peut bâtir enfin une démocratie réelle, débarrassée du désordre ancien. C’est une responsabilité immense. Mais aussi une chance historique.
Chérif Sampiring Diallo
Éditorialiste InfosBruts.com
« Une plume au service de la Guinée »
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