Conakry, 25 août (Infosbruts.com) – La suspension pour 90 jours de trois grandes formations politiques guinéennes, à savoir l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), le RPG Arc-en-ciel et le Parti du Renouveau et du Progrès (PRP), continue de susciter débats et réactions au sein de l’opinion publique. Dans une tribune transmise à Infosbruts.com, Mamadou Diouldé Sow, activiste de la société civile, interpelle aussi bien les partis politiques que l’État sur leurs responsabilités respectives dans la préservation du cadre démocratique.
Des partis politiques défaillants ?
La décision du Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) repose officiellement sur le non-respect des obligations statutaires, notamment les exigences de la Charte des partis politiques et les recommandations issues d’un récent rapport d’évaluation.
Pour Mamadou Diouldé Sow, il ne fait aucun doute que les formations politiques doivent assumer pleinement leur part de responsabilité. « Le non-respect des obligations administratives et financières affaiblit la crédibilité des partis et fragilise la démocratie elle-même », écrit-il. À ses yeux, les défaillances internes des partis, qu’il s’agisse de gouvernance, de transparence ou de conformité légale, doivent être prises au sérieux.
Mais un État qui doit jouer franc jeu
Cependant, l’activiste met aussi en garde contre les dérives possibles d’un État qui applique les règles sans suffisamment de clarté ni d’équité. Il s’interroge notamment sur le manque de transparence dans la communication des motifs précis ayant conduit à la suspension, et sur l’uniformité des sanctions à l’égard de l’ensemble des partis. « Restreindre l’activité de partis majeurs sans pédagogie ni impartialité peut saper la confiance des citoyens dans les institutions », avertit-il.
Une démocratie à double responsabilité
À travers cette analyse, Mamadou Diouldé Sow invite à dépasser la logique de sanction. Pour lui, la démocratie guinéenne doit être fondée sur la responsabilité partagée : celle des partis, appelés à réformer leur fonctionnement interne et à se conformer rigoureusement aux lois ; et celle de l’État, appelé à agir avec justice, cohérence et transparence.
La société civile, vigie de la démocratie
Dans sa conclusion, l’auteur insiste sur le rôle central de la société civile. Elle doit, selon lui, continuer à observer, dénoncer les irrégularités, mais aussi accompagner les efforts de réformes des partis comme de l’administration. Car « la consolidation démocratique exige des institutions crédibles, des partis responsables et un État juste », conclut Mamadou Diouldé Sow.
Par Idrissa Sampiring Diallo pour Infosbruts.com