Mamou, 27 mars (Infosbruts.com) – Poursuivie pour tentative de mariage précoce et mariage forcé, la présidente de l’ONG Assistance humanitaire d’urgence à Mamou, Mariama Baïlo Touré a comparu devant le tribunal. Après plusieurs heures de débats le parquet a requis une peine de prison assortie de sursis.

Le tribunal de première instance de Mamou a été le théâtre d’une audience particulièrement suivie autour d’une affaire de tentative de mariage précoce et de mariage forcé. Au cœur du dossier, l’ONG Assistance Humanitaire et sa présidente, Mariama Baillo Touré, poursuivies par le ministère public.
Après plus de cinq heures de débats, la prévenue a fermement rejeté les accusations portées contre elle. Elle a soutenu n’avoir jamais organisé de mariage impliquant une mineure, ni sans le consentement de la jeune fille concernée et de sa famille.

Au fil des audiences, un élément central a retenu l’attention : l’absence de preuve formelle attestant que la jeune fille concernée était effectivement mineure. Ni le ministère public, ni les organisations constituées parties civiles n’ont été en mesure de produire un document officiel, notamment un extrait de naissance, confirmant son âge.
Malgré cela, le ministère public, représenté par Maurice Onivogui, chef du parquet d’instance, a requis une peine d’un an d’emprisonnement assortie de sursis à l’encontre de la présidente de l’ONG.

Abdoulaye Diallo, inspecteur régional de la femme, de la famille et des solidarités de Mamou
Présent à l’audience, Abdoulaye Diallo, inspecteur régional de la femme, de la famille et des solidarités, a souligné la portée pédagogique de ce procès. Selon lui, cette affaire dépasse le simple cadre judiciaire et constitue une véritable interpellation des pratiques sociales.
« C’est une leçon que nous tirons. Nous sommes dans une région où les pesanteurs socioculturelles persistent, notamment en matière de mariage d’enfants ou de mutilations génitales féminines. Ces pratiques doivent être bannies et conformes aux lois », a-t-il déclaré.
De son côté, Fatoumata Binta Niakaté, cheffe d’antenne régionale du Club des jeunes filles leaders de Mamou, insiste sur les zones d’ombre entourant l’âge de la jeune fille. Elle évoque l’absence d’état civil fiable, mais aussi un engagement de la famille affirmant que la concernée est mineure.

Fatoumata Binta Niakaté, cheffe d’antenne régionale du Club des jeunes filles leaders de Mamou
« Lors des premiers échanges, la jeune fille a affirmé avoir 18 ans. Mais au regard de sa morphologie et de l’absence de documents, nous restons convaincus qu’elle n’a pas atteint cet âge », a-t-elle expliqué.
Cette affaire met en évidence les défis liés à la lutte contre les mariages précoces en Guinée, notamment l’absence de documents d’état civil et le poids des traditions. Elle soulève également la nécessité de renforcer la sensibilisation et l’application des lois en matière de protection des enfants.
Le verdict de cette affaire très attendue est prévu pour ce lundi 30 mars.
Par Mamadou Alpha Soryah Diallo pour Infosbruts.com















