Kindia, 25 mars (Infosbruts.com) – À Kindia, l’accès à l’eau potable reste un défi majeur pour les populations. Entre insuffisance d’infrastructures, difficultés de financement et croissance urbaine non maîtrisée, les acteurs du secteur tirent la sonnette d’alarme et appellent à des solutions urgentes et durables.

La situation de l’approvisionnement en eau potable dans la commune urbaine de Kindia est préoccupante. Malgré les efforts des structures en charge du secteur, les besoins des populations sont encore loin d’être satisfaits. C’est le constat dressé par Emile Touré, ingénieur de génie rural et chef du département eau potable à l’Agence communale de l’eau et de l’assainissement (ACEA).
À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, non célébrée officiellement cette année, une réunion interne a toutefois permis de faire le point sur les priorités. Parmi elles, la maintenance et la réparation de certains points d’eau défectueux. « Nous avons engagé des actions pour entretenir les installations existantes, mais cela reste insuffisant face à la demande », explique-t-il.
Sur le terrain, les partenaires techniques comme la Société des eaux de Guinée (SEG) et le Service national des points d’eau (SNAPE) multiplient les initiatives, malgré des contraintes importantes. À la SEG, une nouvelle pompe, dite Exor, a été installée pour améliorer la desserte en eau. Mais faute d’énergie suffisante pour son fonctionnement, les résultats ne sont pas au rendez-vous. Cette situation a contribué à une pénurie d’eau ayant duré plusieurs semaines, notamment pendant le mois de Ramadan.
De son côté, le SNAPE intervient de manière ponctuelle, notamment dans les écoles et les marchés, en installant ou en réhabilitant des points d’eau pour les usagers.
Quant à l’ACEA, elle fait face à un manque criant de ressources financières. « Nous nous battons pour maintenir le peu d’équipements dont nous disposons », souligne Emile Touré. Des interventions ciblées sont menées, notamment à Gangan ou à Bora, où des infrastructures vieillissantes nécessitent des réparations urgentes.
La problématique de l’eau à Kindia est également aggravée par l’expansion rapide et souvent anarchique de la ville. De nombreux quartiers précaires, construits sans planification préalable, restent hors réseau. À Kenendé, Sambaya, Bambang ou encore dans certaines zones de Gangan, les habitants parcourent plusieurs kilomètres pour s’approvisionner en eau, souvent à partir de forages ou de sources.
Face à cette situation, des solutions existent. L’ACEA mise notamment sur l’exploitation de forages à grand diamètre déjà réalisés mais non équipés, faute de financement. L’un d’eux, situé à Koliadi, pourrait à lui seul alimenter plusieurs localités environnantes, de Sambaya à Kassia.
Un programme de développement basé sur des mini-réseaux et un système de zonage est également envisagé pour mieux desservir les zones enclavées. Toutefois, la concrétisation de ces projets reste conditionnée à la mobilisation de ressources financières.
Des démarches avaient été engagées en 2025 avec plusieurs partenaires, dont l’ANAFIC, la SEG et la Direction nationale de l’hydraulique. Mais ces initiatives sont aujourd’hui à l’arrêt, faute de financement, aussi bien au niveau national qu’international.
Pour Emile Touré, la solution passe par une synergie d’actions entre autorités locales, partenaires techniques et financiers. « L’eau est une priorité. Les conseils communaux actuels et futurs doivent s’approprier ces projets et mobiliser les moyens nécessaires pour soulager les populations », plaide-t-il.
En attendant, à Kindia, l’accès à l’eau potable demeure un luxe pour de nombreux habitants, contraints de s’adapter au quotidien à une ressource pourtant essentielle.
Avec la collaboration de Yaghouba Sylla, depuis Kindia, pour Infosbruts.com















