Dabola, 23 mars (Infosbruts.com) – La tension est montée d’un cran ce lundi dans la ville de Dabola, où une manifestation de conducteurs de taxi-motos a dégénéré en violences, entraînant l’interpellation d’une dizaine de personnes par les forces de l’ordre.

Dans une déclaration officielle, le juge de paix de Dabola, Sory Keïta, est revenu sur les origines de cette crise qui secoue depuis plusieurs semaines le secteur des taxi-motos dans la localité.
Selon lui, les premières informations faisaient état d’une contestation liée à l’augmentation de la taxe journalière. Mais après une rencontre organisée à la maison des jeunes, réunissant conducteurs et autorités locales, il est apparu que le véritable problème relevait plutôt de dissensions internes au sein des syndicats.
Afin de trouver une issue à cette crise, le dossier avait été transmis à la Confédération nationale des travailleurs de Guinée pour une médiation entre les différentes parties. Une tentative restée sans suite, avant que la société civile ne prenne le relais, sans succès.

Sory Keïta, Juge de paix de Dabola
Parallèlement, des plaintes pour destruction de biens privés avaient été enregistrées et confiées aux services de police. Les autorités ont également été alertées sur la création d’un syndicat parallèle par certains conducteurs, identifiable notamment par le port de gilets non réglementaires, ce qui a conduit à l’intervention de la police routière.
La situation a basculé ce lundi matin lorsque des groupes de conducteurs, identifiés comme dissidents, ont été repérés sur le terrain. Alors que les autorités tentaient de gérer la situation, des affrontements ont éclaté. « Des manifestants ont lancé des pierres contre le commissaire central de la police, malgré notre présence », a expliqué le juge.
Face à ces violences, les forces de sécurité ont procédé à des interpellations. Le bilan fait état d’une dizaine de conducteurs arrêtés, tandis que des dégâts matériels importants ont été constatés, notamment sur des bâtiments publics.

Le juge de paix a annoncé l’ouverture de poursuites judiciaires contre les personnes impliquées. Les faits retenus incluent, entre autres, destruction d’édifices publics, troubles à l’ordre public, violences, rébellion, coups et blessures volontaires, ainsi que outrages à agents.
Le parquet général de Kankan a été saisi du dossier. Les autorités judiciaires envisagent différentes options quant au lieu du jugement des mis en cause.
« Nul n’est au-dessus de la loi. Ces actes ne resteront pas impunis », a martelé Sory Keïta, soulignant la volonté des autorités de mettre fin à ces agissements et de rétablir l’ordre dans la ville.
Alors que les interpellations pourraient se poursuivre, les autorités appellent au calme et au respect des lois, dans un contexte où la stabilité sociale reste fragile.
Par Idrissa Sampiring Diallo pour Infosbruts.com















