Kankan, 11 mars (Infosbruts.com) – Des femmes venues de la localité de Töron-Banankö, dans la sous-préfecture de Sabadou-Baranama, ont organisé une manifestation spontanée ce mercredi devant le bloc administratif de la préfecture de Kankan. À moitié nues — un geste symbolique de protestation dans certaines traditions locales — elles ont exprimé leur colère face aux conséquences de la transhumance et à la présence massive de zébus dans leur zone.

Munies de branchages et scandant des slogans, les manifestantes affirment que les troupeaux en déplacement causent régulièrement d’importants dégâts dans leurs champs. Selon elles, les cultures sont souvent détruites, compromettant les moyens de subsistance des familles qui dépendent essentiellement de l’agriculture.
« Nos champs sont régulièrement envahis par les zébus. Ils détruisent nos cultures et personne ne nous dédommage. Nous vivons de l’agriculture, mais aujourd’hui nous avons l’impression que notre travail ne compte plus », a dénoncé l’une des manifestantes.
Les femmes disent également craindre pour la sécurité des habitants de leur village. Elles affirment que le nombre élevé de zébus dans la zone rend parfois les déplacements difficiles, certains animaux se montrant agressifs envers les passants.
« Nous ne pouvons même plus circuler tranquillement. Les zébus sont partout et certains deviennent agressifs. Nos enfants et nos familles vivent dans la peur », a ajouté une autre protestataire.
Au cours de cette mobilisation, les manifestantes ont également accusé le sous-préfet de Sabadou-Baranama de complicité et de corruption avec certains bouviers venus du Mali. Elles dénoncent par ailleurs l’arrestation de plusieurs de leurs proches, actuellement détenus dans le cadre de ce conflit lié aux activités de transhumance.

« Au lieu de protéger les populations, on arrête nos maris et nos frères. Nous demandons justice et nous voulons que la vérité soit faite », ont-elles déclaré.
Par cette action, ces femmes appellent les autorités préfectorales de Kankan à intervenir rapidement afin de trouver une solution durable à ce problème récurrent. Selon elles, la situation continue d’alimenter les tensions entre agriculteurs et éleveurs dans la localité.
Elles disent rester mobilisées jusqu’à ce que leurs préoccupations soient entendues et que des mesures concrètes soient prises pour protéger leurs terres agricoles et garantir la sécurité des populations.
De Kankan, Abdoulaye Kallo pour Infosbruts.com
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