Fouta, 10 mars (Infosbruts.com) – Au Fouta, les opérations de lotissement se multiplient à un rythme inquiétant. Ce qui devait servir à organiser l’urbanisation devient progressivement une menace pour les terres agricoles et les activités d’élevage, principales sources de subsistance des populations.

Abdoulaye Miké Sow
Dans plusieurs districts et communes, aucune portion de terre ne semble être épargnée. Des espaces autrefois destinés à l’agriculture ou au pâturage sont aujourd’hui transformés en parcelles d’habitation. Agents de l’habitat, présidents de district et autorités communales procèdent à des lotissements massifs, souvent sans réelle planification agricole.
Pourtant, au Fouta, parler de développement sans préserver l’agriculture relève d’une contradiction. L’agriculture exige de grandes superficies pour être productive. Une parcelle de 20 ou 25 mètres ne peut en aucun cas remplacer un champ. Celui qui vit de la terre a besoin d’hectares, pas de petites parcelles destinées uniquement à la construction.
Cette situation pose une question essentielle : que deviendront les populations rurales lorsque toutes les terres cultivables auront été transformées en lotissements ?
Plusieurs voix s’élèvent déjà pour proposer une approche plus responsable. Les terres non cultivables, notamment celles situées le long des grandes routes ou à proximité immédiate des villages, pourraient être privilégiées pour les lotissements. Cette orientation permettrait de préserver les terres fertiles indispensables à l’agriculture et à l’élevage.
Il devient également urgent de faire respecter les règles d’urbanisme, en interdisant les constructions dans les zones non loties ou réservées aux activités agricoles. Sans cela, la pression foncière continuera d’étouffer progressivement l’espace rural.
Les conséquences pourraient être dramatiques. Dans certaines zones loties aujourd’hui, de nombreuses familles risquent, d’ici trois ans, de se retrouver sans parcelle agricole, sans champs et sans véritables moyens de subsistance. Dans cinq à dix ans, la pauvreté pourrait même contraindre certains habitants à revendre leurs parcelles d’habitation pour survivre.
Le développement urbain est nécessaire, mais il ne doit pas se faire au détriment de la terre qui nourrit les populations. Préserver les espaces agricoles du Fouta est un enjeu majeur pour l’avenir économique et social de la région.
Car une chose est certaine : un territoire peut survivre sans nouveaux lotissements pendant un temps, mais il ne peut pas survivre longtemps sans agriculture.



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