Kankan, 05 mars (Infosbruts.com) – Les audiences criminelles consacrées au dossier du conflit meurtrier entre les localités de Gbérédou Baranama et Sanana, dans la préfecture de Kankan, se sont poursuivies ce mercredi 4 mars 2026 devant le Tribunal de première instance (TPI) de la ville.

Cette nouvelle journée d’audience a été marquée par l’intervention du procureur de la République près le TPI de Kankan, Fodé Bintou Keïta, qui s’est exprimé devant la presse sur l’évolution du dossier et sur les faits reprochés aux accusés poursuivis dans cette affaire.
Un conflit né autour d’un site aurifère
Selon le magistrat, les violences trouvent leur origine dans la découverte d’un site aurifère appelé Farakoba. Face aux tensions naissantes autour de l’exploitation de cette mine d’or, les autorités administratives de l’époque, notamment le préfet représenté sur le terrain par le sous-préfet, avaient décidé d’interdire toute activité sur le site afin de prévenir un affrontement entre les deux localités.
Cependant, d’après le procureur, cette interdiction n’aurait pas été respectée. Des habitants de Gbérédou Baranama auraient poursuivi l’exploitation clandestine du site, ce qui aurait provoqué la colère des populations de Sanana.
Lorsque ces dernières se sont rendues sur les lieux, des affrontements violents auraient éclaté entre les deux camps.

Des accusations graves devant la justice
Le parquet indique que les personnes poursuivies dans ce dossier répondent devant la juridiction criminelle de plusieurs chefs d’accusation, notamment meurtre, menaces de mort, coups et blessures volontaires, destruction de biens et complicité.
Selon le procureur, les faits reprochés sont particulièrement graves au regard des conséquences humaines et sociales du conflit. Les violences du 12 septembre 2024 avaient en effet fait plusieurs morts et de nombreux blessés, plongeant les deux communautés dans une profonde tension.
Le ministère public affirme ainsi vouloir démontrer la responsabilité pénale des prévenus à travers les éléments du dossier d’instruction et les débats menés à l’audience.
Un appel à éviter les violences communautaires
Dans son intervention devant la presse, le procureur a également lancé un appel à la population afin d’éviter les violences et les actes de vengeance privée.
Il a exhorté les citoyens à ne pas se laisser entraîner dans des actes d’agression, d’incendie de cases ou de blocage de routes, rappelant que seul le recours à la justice permet de régler les différends.

La suite du procès attendue
Les audiences se poursuivront le vendredi 6 mars 2026 avec la suite des débats, notamment l’audition des parties civiles dans ce dossier.
En attendant la décision finale de la justice, cette affaire continue de susciter une forte attention dans la préfecture de Kankan, tant en raison de la gravité des faits que de l’ampleur des tensions qu’elle a provoquées entre les deux localités.
De Kankan, Abdoulaye Kallo pour Infosbruts.com.















