Labé, 25 février (Infosbruts.com) – La controverse née autour de la liste des membres fondateurs de la GMD « Bâtir Ensemble » à Tarambaly prend une nouvelle tournure. Mis en cause pour avoir prétendument écarté certains responsables locaux, le directeur sous-préfectoral de campagne, Mamadou Saliou I. Diallo, sort de son silence et rejette en bloc les accusations.
Selon lui, la crise aurait été « artificiellement orchestrée » et le président de la délégation spéciale (PDS) de la commune rurale, Salmana Baldé, aurait joué « un double jeu ».
« Une liste consensuelle »
Joint par Infosbruts.com, Mamadou Saliou I. Diallo affirme que la liste déposée à la préfecture a été élaborée de manière consensuelle et que le PDS a pris part à toutes les étapes du processus.
« Le maire était avec nous à la justice pour la constitution des dossiers. Nous avons cotisé à deux pour compléter les frais de dossiers de certains de nos citoyens qui étaient dans le besoin d’être assistés. Il m’a chargé de déposer en notre nom le pli, en attendant qu’il rentre présider une réunion à Tarambaly. J’ai été surpris de voir les propos qu’il a tenus dans votre site », explique-t-il.
Il soutient également que le président de la délégation spéciale a participé à la définition de l’ordre d’inscription sur la liste et aurait lui-même demandé à figurer en deuxième position, immédiatement après lui.
« Je ne vois pas où est le problème », insiste-t-il.
Le cas des chefs de districts
Concernant les accusations d’exclusion des chefs de districts, le principal mis en cause apporte des précisions qu’il juge déterminantes.
Selon lui, il ne s’agit nullement d’une mise à l’écart volontaire :
Dans le cas de Mamadou Diouldé, c’est son épouse – sage-femme – qui a été inscrite sur la liste. « Le couple ne pouvait pas se retrouver ensemble sur la liste alors que nous sommes plus de 12 000 habitants à Tarambaly », argue-t-il.
Pour le président du district de Konkoren, son épouse, présidente des femmes de la sous-préfecture, aurait été jugée prioritaire.
Quant au président du district du centre, il n’aurait pas pu fournir les pièces requises en raison de son absence de Labé.
« Ce sont ces trois raisons qui expliquent que les chefs de districts concernés ne figurent pas sur la liste. Pour le reste, tout a été fait de façon consensuelle », assure-t-il.
Réunion d’apaisement et volte-face
À la suite de ces déclarations, Infosbruts.com a recontacté le président de la délégation spéciale. Celui-ci affirme avoir réussi à calmer les tensions lors de la réunion de crise organisée dans la matinée.
« Nous avons réussi à nous entendre finalement. Nous avons décidé de mettre en avant l’intérêt supérieur de Tarambaly. Nous avons demandé à Diouldé de tolérer l’injustice dont il est victime », confie-t-il.
Joint par téléphone via le portable du maire, Mamadou Diouldé confirme être revenu à de meilleurs sentiments, après avoir été exhorté par les différents acteurs à « mettre la balle à terre ».
Une polémique sur fond de rivalités locales ?
Au regard des versions recueillies, la tension initialement présentée comme une fracture ouverte au sein de la coordination locale de la GMD « Bâtir Ensemble » à Tarambaly semble s’être atténuée.
Toutefois, cette séquence met en lumière des rivalités et des jeux d’influence au niveau local, dans un contexte où l’implantation du futur parti présidentiel suscite convoitises et repositionnements.
Reste à savoir si l’accalmie observée ce mercredi se confirmera dans la durée ou si de nouvelles dissensions viendront raviver la polémique dans cette commune rurale de la préfecture de Labé.
Par Idrissa Sampiring Diallo pour Infosbruts.com















