Conakry, 24 févr (Infosbruts.com) – La récente sortie médiatique du président de la coordination nationale de la GMD « Bâtir Ensemble », Bah Oury, continue de susciter commentaires et interrogations dans les milieux politiques guinéens. En affirmant être « le seul habilité » à faire enregistrer le parti en gestation auprès du ministère de tutelle pour l’obtention de son agrément national, le premier Premier ministre de la 5ème République a mis en lumière des divergences internes qui ne disent pas encore leur nom.

Une déclaration qui fait des vagues
Dans un contexte politique marqué par la recomposition des forces et la préparation des futures échéances électorales, cette prise de position tranche par son ton ferme, voire offensif. En revendiquant l’exclusivité de la démarche administrative liée à la légalisation du mouvement comme parti politique, Bah Oury semble vouloir clarifier la chaîne de commandement au sein de la structure « Bâtir Ensemble ».
Cependant, cette déclaration est interprétée par certains observateurs comme le symptôme de tensions larvées entre différentes personnalités proches du pouvoir, dont certaines pourraient, selon des sources concordantes, s’estimer légitimement fondées à piloter le processus d’agrément.
Des dissensions internes en filigrane
Au-delà de la question procédurale, c’est l’équilibre des influences au sein de la mouvance présidentielle qui paraît en jeu. La création d’un parti politique structuré, susceptible de servir de socle à une future majorité, représente un enjeu stratégique majeur.
Le fait que plusieurs « hauts commis de l’État » soient évoqués comme pouvant également prétendre à la responsabilité d’enregistrement du parti traduit une compétition interne pour le leadership organisationnel et politique. Cette rivalité, si elle n’est pas contenue, pourrait fragiliser la cohésion affichée jusque-là.
Un test pour la cohésion gouvernementale
La sortie de Bah Oury intervient dans un climat où les débuts de la 5ème République en Guinée demeurent scrutés tant par l’opinion nationale que par les partenaires internationaux. Toute perception de division au sommet de l’État pourrait alimenter les critiques sur la gouvernance et la gestion du processus de mise en place des autres institutions de la République.
Pour certains analystes, cette mise au point relève davantage d’un exercice d’autorité que d’un véritable clash institutionnel. Il s’agirait, selon eux, de rappeler les prérogatives organisationnelles afin d’éviter toute confusion dans les démarches administratives.
Vers un recadrage interne ?
Reste à savoir si cette déclaration ouvrira la voie à un recadrage interne ou à une clarification officielle des rôles au sein de la coordination nationale de la GMD « Bâtir Ensemble ». À défaut, les spéculations pourraient s’intensifier et nourrir un climat de méfiance.
En attendant, la scène politique guinéenne retient son souffle. Car au-delà des déclarations, c’est la capacité des acteurs à préserver l’unité et à gérer les ambitions internes qui déterminera la solidité du projet politique en gestation.
Par Idrissa Sampiring Diallo pour Infosbruts.com















