Labé, 21 févr (Infosbruts.com) – La grande prière collective de ce vendredi à la mosquée de Koula, située à Pounthioun dans la commune urbaine de Labé, a été marquée par un incident qui suscite incompréhension et débat au sein des fidèles.
À son entrée dans l’enceinte de la mosquée, construite par un ressortissant de Koula Mawndé, un fidèle affirme avoir été interpellé par un membre de la commission d’organisation, lui demandant d’enlever ses chaussettes avant d’accéder à la salle de prière. Une exigence qu’il dit avoir catégoriquement refusée, estimant qu’elle ne repose sur aucun fondement religieux.
Face à cette injonction, il a préféré se retirer et accomplir sa prière sur la terrasse, prenant dans la foulée la décision de ne plus fréquenter cette mosquée.
Une pratique sans base religieuse ?
Après la prière, le fidèle a consulté plusieurs intellectuels de la culture islamique pour mieux comprendre la portée d’une telle mesure. Selon ses interlocuteurs, l’obligation d’enlever ses chaussettes ne relève d’aucune prescription religieuse.
Dans la tradition islamique, ce qui est requis pour la prière est la pureté rituelle et la propreté. Le port de chaussettes propres ne constitue en rien une entorse aux règles. Au contraire, dans de nombreuses mosquées à travers le monde musulman, les fidèles prient régulièrement en chaussettes, surtout pour des raisons d’hygiène et de confort.
Hygiène ou excès de zèle ?
Selon certaines sources proches des responsables de la mosquée, la mesure serait motivée par un souci de maintenir la propreté des tapis. Toutefois, cette justification peine à convaincre une partie des fidèles. Car, on ne le fait pas à Koula Mawndé où on n’a jamais demandé à un fidèle d’enlever ses chaussettes avant d’accéder à la salle de prière.
Plusieurs observateurs s’interrogent : comment une paire de chaussettes propres pourrait-elle être plus nuisible à l’hygiène que des pieds nus exposés à la poussière avant les ablutions ? N’y a-t-il pas là une confusion entre règle religieuse et règlement intérieur improvisé ?
Au-delà de l’argument sanitaire, c’est surtout la manière qui pose problème. Interpeller publiquement un fidèle à l’entrée d’un lieu de culte et lui imposer une condition non fondée sur un texte religieux peut être perçu comme une forme d’humiliation ou d’excès de pouvoir.
Le risque de décourager les fidèles
Dans un contexte où les communautés religieuses sont appelées à promouvoir l’inclusion, la fraternité et la tolérance, l’adoption de règles jugées arbitraires pourrait produire l’effet inverse : éloigner les fidèles au lieu de les rassembler.
Une mosquée est avant tout un espace de recueillement et d’unité. Toute mesure organisationnelle, même animée d’une bonne intention, devrait être expliquée avec pédagogie et concertation, afin d’éviter frustrations et malentendus.
À Pounthioun, l’affaire des chaussettes dépasse ainsi la simple question d’hygiène. Elle pose une interrogation plus large sur la gouvernance des lieux de culte, le respect des sensibilités individuelles et la nécessité de distinguer clairement les exigences religieuses des décisions administratives internes.
En attendant une clarification officielle des responsables de la mosquée de Koula, le débat reste ouvert au sein de la communauté.
Par Idrissa Sampiring Diallo pour Infosbruts.com















