Labé, 14 août (Infosbruts.com) – La Direction préfectorale de la Promotion Féminine, de l’Enfance et des Personnes Vulnérables joue un rôle central dans la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) à Labé. Dans un entretien accordé à Infosbruts.com, Madame Fatimata Binta Diallo, directrice par intérim, est revenue sur les missions de son service, les cas les plus courants qu’elle traite, les défis rencontrés sur le terrain et a lancé un appel à la responsabilité de tous.
Des cas de VBG de plus en plus fréquents… y compris chez les hommes
Contrairement aux idées reçues, les VBG ne touchent pas uniquement les femmes. « Il nous arrive d’enregistrer des hommes victimes également. Certaines femmes, conscientes de leurs droits, en abusent parfois pour imposer des comportements répréhensibles dans le foyer », a confié Mme Fatoumata Binta Diallo.
Elle souligne que les formes de violences les plus fréquentes à Labé sont les agressions sexuelles, les mariages précoces, l’excision et d’autres mutilations génitales féminines.
Un rôle de médiation dans les conflits familiaux
La direction intervient régulièrement dans les conflits conjugaux, notamment lorsque les femmes dénoncent des abus ou des négligences de la part de leurs époux. « Nous faisons appel aux maris concernés, nous les sensibilisons au respect des droits des femmes. Beaucoup de violences naissent de l’ignorance, alors nous privilégions la médiation et l’éducation plutôt que la répression », explique-t-elle.
Des difficultés à faire entendre raison
Malgré les efforts, la tâche n’est pas simple. La directrice déplore que certains auteurs de VBG refusent de se présenter après convocation. « Nous ne sommes pas une structure judiciaire. Nous fonctionnons avec la sensibilisation, mais il est parfois difficile d’atteindre ceux qui refusent d’écouter », témoigne-t-elle, tout en soulignant le besoin de renforcer les moyens d’action de son service.
Un appel à la responsabilité partagée
Madame Fatoumata Binta Diallo appelle à un équilibre entre droits et devoirs, particulièrement dans les couples. « Les femmes ont des droits, mais elles ont aussi des devoirs. Le respect mutuel et la communication sont essentiels pour éviter les conflits », insiste-t-elle.
Elle invite également les hommes à adopter une posture de dialogue : « Il faut communiquer, échanger et comprendre l’autre. Sans communication, les conflits deviennent inévitables ».
Une mission noble malgré les défis
À travers cet entretien, la directrice a mis en lumière la complexité de son travail, entre écoute, médiation et sensibilisation. Elle reste toutefois convaincue que l’action de son service est essentielle pour construire une société plus inclusive et respectueuse des droits humains.
L’engagement de Mme Dramé et de son équipe témoigne d’une volonté sincère de servir les plus vulnérables, malgré les nombreux obstacles. Son message est clair : la lutte contre les VBG est l’affaire de tous.
Avec Binta Sampiring Diallo pour Infosbruts.com