Conakry, 5 août (Infosbruts.com) – Officiellement reconnue par le ministère des Sports en juin dernier, la Fédération Guinéenne de Mini-Football fait preuve d’un dynamisme remarquable. Ambitieuse, structurée, et portée par un projet national à la fois sportif et éducatif, elle veut faire du mini-football un levier de développement local et un outil de rayonnement international.

Dans un entretien exclusif accordé à Infosbruts.com, Mamadou Goudoussy Diallo, président de la fédération, détaille les priorités, les défis et les préparatifs pour la CAN de Mini-Football 2027, que la Guinée s’apprête à accueillir.
Une structuration territoriale ambitieuse
À peine créée, la fédération a déjà entamé une structuration méthodique du territoire. Objectif : implanter durablement le mini-football dans toutes les régions du pays.
« Chaque préfecture, au nombre de 33, aura un responsable dédié. Nous voulons que chaque localité forme une équipe représentative et participe à un tournoi inter-préfectoral », explique Mamadou Goudoussy Diallo.
Conakry n’est pas en reste. Des responsables communaux sont déjà désignés à Ratoma, tandis que Dixinn, Matoto, Matam, Kassa, Lambanyi et Sonfonia suivront. À terme, des tournois intercommunaux viendront animer la capitale.

Mamadou Goudoussy Diallo, président de la fédération guinéenne de Mini-Football
L’un des grands chantiers reste la question des infrastructures sportives. La fédération projette de construire 47 terrains de mini-football à travers le pays d’ici fin 2025.
« Nous travaillons avec le ministère des Sports pour garantir un terrain dans chaque préfecture, aux normes internationales (30 x 50 m). Le gazon synthétique est notre objectif, mais nous pouvons commencer avec du sable ou de la terre », précise le président.
Un projet social et éducatif tourné vers la jeunesse
Le mini-football se veut accessible et formateur. La fédération entend l’introduire dans les universités, en visant notamment la jeunesse estudiantine.
« C’est un sport inclusif, éducatif et reconnu au niveau olympique. Il peut être un véritable outil d’insertion, de cohésion et de repérage des talents », insiste Mamadou Goudoussy Diallo.
Des défis à relever, une vision claire
Sur le plan institutionnel et financier, les défis ne manquent pas. La fédération espère l’inscription d’une ligne budgétaire dans la prochaine loi de finances, mais elle mise également sur l’autonomie financière : billetterie, sponsoring, partenariats, et appui de la Confédération africaine de Mini-Football: « Notre ambition est de construire une fédération solide, indépendante et durable », affirme le président.
CAN 2027 : un défi d’envergure pour la Guinée
La Guinée accueillera la CAN de Mini-Football en janvier 2027, un événement majeur qui mobilisera la fédération et les autorités sportives.
« Trois sites sont retenus : Kamsar, Cosa et le stade de Nongo. 24 équipes africaines seront à Conakry du 9 au 23 janvier 2027. L’organisation ne doit pas échouer par manque d’anticipation », prévient-il.
Une commission d’organisation sera mise en place sous la supervision du nouveau ministre des Sports.
La Guinée devient la capitale du mini-football africain
Autre symbole fort de cette montée en puissance : le siège de la Confédération africaine de Mini-Football sera transféré de la Tunisie à Conakry, pour une durée de 10 ans.
« C’est le fruit de notre diplomatie sportive et du soutien des autorités, notamment le Premier ministre Amadou Oury Bah et le Président Mamadi Doumbouya. Ce siège renforcera la place de la Guinée sur la carte sportive africaine », se félicite Mamadou Goudoussy Diallo.
Un appel à la jeunesse guinéenne
En conclusion, le président lance un message fort : « J’invite la jeunesse à s’approprier cette discipline. Le mini-football est un vecteur d’éducation, d’opportunités et de visibilité pour notre pays. »
Par Alhassane Barry pour Infosbruts.com – L’info, sans détour