Labé, 19 juillet (Infosbruts.com) – La ville de Labé, à l’instar de plusieurs autres localités du pays, fait face à une rareté persistante du ciment sur le marché. Pour tenter d’éclairer l’opinion publique, le président de la Chambre régionale du commerce de Labé, Elhadj Thierno Amadou Daka Diallo, s’est exprimé au micro de Radio Espérance FM.

Dans son intervention, le responsable du commerce régional évoque avant tout les difficultés liées au transport, en cette saison de fortes pluies. Selon lui, l’état de dégradation avancée des routes entre Conakry et Labé freine considérablement l’approvisionnement en marchandises, notamment en ciment.
« La tonne de ciment qui se transportait entre 280 000 et 300 000 francs guinéens se transporte aujourd’hui à 450 000 voire 500 000 GNF. C’est énorme. Ce coût du transport impacte directement le prix du sac sur le marché », a-t-il déclaré.
Selon lui, ce ne sont ni le gouvernement ni les producteurs qui ont augmenté les prix, mais bien les coûts de transport qui pèsent sur les commerçants locaux.
Il en appelle à la responsabilité de l’Union des transporteurs, estimant qu’elle devrait jouer un rôle de médiation entre commerçants et chauffeurs pour faciliter l’acheminement des marchandises vers l’intérieur du pays.
Cependant, plusieurs incohérences apparaissent à la lumière des faits. En effet, d’autres produits de première nécessité comme le riz, le sucre ou l’huile, continuent d’arriver à Labé par les mêmes routes. Cette observation pousse certains acteurs à relativiser l’argument du seul problème de transport.

Autre point notable : le prix du ciment est actuellement plus élevé à Kankan (environ 125 000 GNF le sac) qu’à Labé, où il se vend autour de 110 000 GNF. Cela fragilise davantage l’explication reposant uniquement sur les distances et le coût du transport.
Par ailleurs, des sources proches des grossistes évoquent une autre cause majeure : la pénurie de clinker, matière première essentielle à la production de ciment. Plusieurs usines basées à Conakry rencontreraient des difficultés d’approvisionnement, ce qui a réduit drastiquement la production. Un grossiste de Labé qui recevait habituellement 30 à 35 camions par mois n’en recevrait plus que 1 ou 2.
« Ce n’est pas uniquement à Labé. Tous les chantiers du pays sont quasiment à l’arrêt. C’est une crise nationale », confie un commerçant sous anonymat.
En attendant, les conséquences sont visibles dans les villes de l’intérieur : de nombreux projets de construction sont à l’arrêt, les prix grimpent, et les citoyens sont de plus en plus inquiets.
Depuis Labé, Idrissa Sampiring Diallo pour Infosbruts.com