Guinée, 8 juillet (Infosbruts.com) – Dans un contexte où l’information et la sensibilisation jouent un rôle crucial dans l’orientation des comportements citoyens, de nombreuses organisations – publiques comme privées – investissent massivement dans les médias. Que ce soit à travers la radio, la télévision ou les plateformes numériques, l’objectif est souvent d’éduquer, de prévenir ou d’informer les populations sur des sujets aussi divers que la santé, l’environnement, la citoyenneté ou encore la sécurité.

Cependant, un constat préoccupant s’impose : la communication diffusée dans ces espaces est souvent mal adaptée au public ciblé. Ce défaut de ciblage linguistique compromet la compréhension des messages et remet en question l’efficacité de ces campagnes, pourtant financées à grands frais.
Un message mal formulé reste inaudible
Dans bien des cas, les campagnes de sensibilisation s’adressent à des populations majoritairement non scolarisées. Malgré cela, les émissions diffusées sont le plus souvent en français, parfois entrecoupées de quelques expressions en langues locales. Résultat : une grande partie du public ne saisit pas le message. Pire encore, certains communicateurs semblent davantage soucieux de démontrer leur aisance linguistique que de vulgariser l’information de manière accessible.

Dans certaines émissions, l’alternance entre le français et les langues nationales se fait sans méthode, rendant la compréhension encore plus difficile. Il devient même ardu de déterminer la langue principale de diffusion. Or, le but d’une communication de masse est de toucher le plus grand nombre, avec clarté et pertinence.
Des répercussions sur la culture et l’identité
Au-delà de l’incompréhension immédiate, cette confusion linguistique a des impacts culturels durables. En négligeant les langues locales dans leur forme authentique, les communicateurs contribuent involontairement à leur dégradation. Des mots disparaissent, des expressions se perdent, et avec eux, une part de notre identité culturelle. Cette érosion linguistique accélère la disparition de valeurs traditionnelles et affaiblit les repères culturels des jeunes générations.
Des solutions pour une communication plus efficace
Pour remédier à cette situation, il est impératif que les organisations choisissent avec rigueur les professionnels chargés de porter leurs messages. Faire appel à des communicateurs qui maîtrisent réellement les langues locales constitue un premier pas vers une communication inclusive et efficace. Ces professionnels doivent également être formés à adapter leur langage au niveau de compréhension du public cible, sans tomber dans un académisme stérile.
Les journalistes, quant à eux, ont un rôle crucial à jouer. Il leur revient de structurer clairement les émissions, en distinguant les programmes en français de ceux en langues nationales, évitant ainsi toute confusion. Ce professionnalisme permettra non seulement de renforcer l’impact des campagnes de communication, mais aussi de préserver la diversité linguistique et culturelle de nos communautés.
En somme, une communication réussie ne se mesure pas à la richesse du vocabulaire utilisé, mais à la clarté du message perçu par le public.
Par Mamadou Alpha Soryah Diallo, reporter
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